Nous avons tenté de comprendre ensemble comment trouver la vérité mais il nous arrive de ne pas être tous d’accord sur l’endroit où nous la reconnaissons. Lorsqu’un désaccord survient entre nous, une question se présente alors : comment savoir où se trouve l’esprit le plus éclairé, la compréhension la plus fine de ce qu’il y a à connaître ? Comment savoir comment trancher nos inévitables disputes, nos longues polémiques, nos débats interminables, nos incertitudes partagées ? Comment résoudre nos conflits, nos désaccords, nos divergences ? Comment savoir où se trouve la vérité lorsque deux prétendent qu’ils ont pu la découvrir ? Comment savoir qui a raison ?
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Aristote, Livre Gamma de la Métaphysique
« Certains philosophes, avons-nous dit, prétendent que la même chose peut être et n’être pas, et qu’on peut concevoir simultanément les contraires. (…) Mais on peut établir par voie de réfutation cette impossibilité des contraires : il suffit que celui qui conteste le principe attache un sens à ses paroles. S’il n’y en attache aucun, il serait ridicule de chercher à répondre à un homme qui ne peut dire la raison de rien, puisqu’il n’a aucune raison. Un tel homme, un homme privé de raison, ressemble à une plante. »
Aristote, Livre Gamma de la Métaphysique
« Si tous les hommes disent également faux et vrai, de tels êtres ne peuvent ni articuler un son ni discourir, car en même temps ils disent une chose et ne la disent pas. S’ils n’ont conception de rien, s’ils pensent et ne pensent pas tous à la fois, en quoi diffèrent-ils des plantes ? »
Aristote, Livre Gamma de la Métaphysique
« On rapporte encore une sentence d’Anaxagore à quelques-uns de ses amis : « Les êtres sont pour vous ce que vous les concevrez » (…) – comme s’il pensait que les hommes en délire ont aussi la raison, mais que cette raison n’est plus la même. Évidemment, si le délire et la raison sont la raison l’un et l’autre, les êtres, à leur tour, sont à la fois ce qu’ils sont et ce qu’ils ne sont pas.
La conséquence qui sort d’un pareil principe est réellement affligeante. (…) Sii telles sont les doctrines qu’ils professent sur la vérité, comment aborder sans découragement les problèmes philosophiques ? Chercher la vérité, ne serait-ce pas vouloir atteindre des ombres qui s’envolent ?»
Platon, La République VII, 537c
« Le dialecticien est celui qui aperçoit la totalité. (συν́οπτικος – sunopticos) »