Souvent angoissante, la conscience de notre finitude est avant tout une chance. L’immense valeur du temps vient précisément du fait qu’il nous est compté. La philosophie nous invite ainsi à envisager le temps comme un cadeau, un véritable “présent” !

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VIDÉO : Découvre-feu | Reprendre le temps | 3/3

 

Epictète, Manuel
« Aie chaque jour à l’esprit la pensée de la mort, surtout la pensée de la mort, et tu ne feras rien qui ne soit réellement important. »


Søren Kierkegaard, Trois discours sur des circonstances supposées
« La mort incite l’homme charnel à dire “mangeons et buvons car demain nous mourrons.” Mais c’est là le lâche désir de vivre de la sensualité, ce méprisable ordre de choses où l’on vit pour manger et boire et où l’on ne mange ni ne boit pour vivre. L’idée de la mort amène peut-être l’esprit plus profond à un sentiment d’impuissance où il succombe sans aucun ressort ; mais, à l’homme animé de sérieux, la pensée de la mort donne l’exacte vitesse à observer dans la vie, et elle lui indique le but où diriger sa course. Et nul arc ne saurait être tendu ni communiquer à la flèche sa vitesse comme la pensée de la mort stimule le vivant dont le sérieux tend l’énergie. »


Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir
« Que dirais-tu si un jour, si une nuit, un démon se glissait jusque dans ta solitude la plus reculée et te dise : « Cette vie telle que tu la vis maintenant et que tu l’as vécue, tu devras la vivre encore une fois et d’innombrables fois ; et il n’y aura rien de nouveau en elle, si ce n’est que chaque douleur et chaque plaisir, chaque pensée et chaque gémissement et tout ce qu’il y a d’indiciblement petit et grand dans ta vie devront revenir pour toi, et le tout dans le même ordre et la même succession – cette araignée-là également, et ce clair de lune entre les arbres, et cet instant-ci et moi-même. L’éternel sablier de l’existence ne cesse d’être renversé à nouveau. – et toi avec lui, ô grain de poussière de la poussière ! » – Ne te jetterais-tu pas sur le sol, grinçant des dents et maudissant le démon qui te parlerait de la sorte ? Ou bien te serait-il arrivé de vivre un instant formidable où tu aurais pu lui répondre : tu es un dieu, et jamais je n’entendis choses plus divines ! » Si cette pensée s’emparait de toi, elle te métamorphoserait, faisant de toi tel que tu es, un autre être, et peut-être t’écraserait. La question posée à propos de tout et de chaque chose : « Voudrais-tu de ceci encore une fois et d’innombrables fois ? » pèserait comme le poids le plus lourd sur ton action ! Ou combien ne te faudrait-il pas témoigner de bienveillance envers toi-même et la vie pour ne désirer plus rien que cette dernière éternelle confirmation, cette dernière éternelle sanction ? »


Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir
« Si tu t’assimiles cette pensée entre les pensées, elle te transformera. Si dans tout ce que tu veux faire, tu commences par te demander : “Est-il sûr que je veuille le faire un nombre infini de fois ?” Ce sera pour toi le centre de gravité le plus solide. »


Friedrich Nietzsche, La volonté de puissance
« Ma doctrine enseigne : « Vis de telle sorte que tu doives souhaiter de revivre, c’est le devoir — car tu revivras, en tout cas ! Celui dont l’effort est la joie suprême, qu’il s’efforce ! Celui qui aime avant tout le repos, qu’il se repose ! Celui qui aime avant tout se soumettre, obéir et suivre, qu’il obéisse ! Mais qu’il sache bien où va sa préférence et qu’il ne recule devant aucun moyen ! Il y va de l’éternité ! »