Parties des animaux
“Toutes les études ont leur attrait. Lorsque nous contemplons les êtres éternels, les pauvres connaissances que nous en atteignons nous apportent cependant, en raison de l’excellence de cette contemplation, plus de joie que toutes les choses qui nous entourent, tout juste comme un coup d’œil fugitif et partiel sur des personnes aimées nous donne plus de joie que la connaissance exacte de beaucoup d’autres choses, si considérables qu’elles soient. Mais, d’un autre côté, pour l’exactitude et l’étendue de la connaissance, la science des choses terrestres a l’avantage. Parce que ces choses sont tout près de nous, elles sont familières, et cette dernière étude devient presque la rivale de la philosophie des choses divines.”
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Aristote, Parties des animaux
« A vrai dire, certains de ces êtres ne sont pas agréables à notre perception, mais en ce qui concerne la connaissance théorique, la nature qui les a construits réserve à ceux qui peuvent saisir les causes, à ceux qui sont réellement philosophes, des jouissances inexprimables. Il ne faut donc pas céder à une répugnance enfantine et nous détourner de l’étude du moindre des animaux. En toutes les parties de la Nature il y a des merveilles ; on dit qu’Héraclite, à des visiteurs étrangers qui, l’ayant trouvé se chauffant au feu de sa cuisine, restaient hésitant sur le seuil, fit cette remarque : « Entrez, il y a des dieux aussi dans la cuisine. »
Eh bien, de même, entrons sans dégoût dans l’étude de chaque espèce vivante : en chacune il y a quelque chose de la puissance de la nature, et de sa beauté. Il n’y a jamais de hasard dans les œuvres qu’elle nous présente. Toujours ces œuvres ont en vue une certaine fin ; et il n’y a rien au monde où ce caractère de la finalité apparaisse de façon plus lumineuse. Or la fin en vue de laquelle une chose subsiste ou se produit, est précisément ce qui constitue pour cette chose sa perfection et sa beauté. »
Aristote, Éthique à Nicomaque (Livre 1)
« Si la fonction d’un homme vertueux est d’accomplir cette tâche, et de l’accomplir bien et avec succès, chaque chose au surplus étant bien accomplie quand elle l’est selon l’excellence qui lui est propre : — dans ces conditions, c’est donc que le bien pour l’homme consiste dans une activité de l’âme en accord avec la vertu, et, au cas de pluralité de vertus, en accord avec la plus excellente et la plus parfaite d’entre elles.Mais il faut ajouter : « et cela dans une vie accomplie jusqu’à son terme », car une hirondelle ne fait pas le printemps, ni non plus un seul jour : et ainsi la félicité et le bonheur ne sont pas davantage l’œuvre d’une seule journée, ni d’un bref espace de temps. »
Aristote, Éthique à Nicomaque (Livre 6)
“L’amitié est en effet une certaine vertu, ou ne va pas sans vertu ; de plus, elle est ce qu’il y a de plus nécessaire pour vivre. Car sans amis personne ne choisirait de vivre, eût-il tous les autres biens (et de fait les gens riches, et ceux qui possèdent du pouvoir semblent bien avoir plus que quiconque besoin d’amis.) Et dans la pauvreté comme dans tout autre infortune, les hommes pensent que les amis sont l’unique refuge. (…) Même au cours de nos voyages au loin, nous pouvons constater à quel point l’homme ressent toujours de l’affinité et de l’amitié pour l’homme. L’amitié semble aussi constituer le lien des cités, et les législateurs paraissent y attacher un plus grand prix qu’à la justice même : en effet, la concorde, qui paraît bien être un sentiment voisin de l’amitié, est ce que recherchent avant tout les législateurs, alors que l’esprit de parti, qui est son ennemie, est ce qu’ils pourchassent avec le plus d’énergie. (…) Non seulement l’amitié est une chose nécessaire, mais elle est aussi une chose noble : nous louons ceux qui aiment leurs amis, et la possession d’un grand nombre d’amis est regardée comme un bel avantage ; certains pensent même qu’il n’y a aucune différence entre un homme bon et un véritable ami. »