La science peut-elle tout connaître ?

Nous voici prêts à chercher une vérité ; quel discours aura le plus de chances de nous l’offrir ? Notre époque est marquée par la confiance qu’elle accorde à la science, sur le plan de la connaissance : ce qui a été prouvé par elle est réputé acquis de façon incontestable. Il faut écouter la science. Jusqu’à, peut-être, n’écouter qu’elle ? Face à l’autorité scientifique, quel discours concurrent peut encore prétendre s’élever ? Ne faut-il pas se défaire des vieilles religions, des approximations littéraires, des élucubrations philosophiques, pour rejoindre le monde des experts, et devenir vraiment savants ? La science progresse, jusqu’à résoudre des questions que d’autres disciplines avaient exploré en vain avant elle… Y a-t-il un seul problème qui puisse lui résister longtemps ? La science peut-elle tout connaître ?

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Galilée, L’essayeur
« La philosophie est écrite dans cet immense livre qui continuellement reste ouvert devant les yeux (je veux dire l’Univers), mais on ne peut le comprendre si, d’abord, on ne s’exerce pas à en connaître la langue et les caractères dans lesquels il est écrit. II est écrit dans une langue mathématique, et les caractères en sont les triangles, les cercles, et d’autres figures géométriques, sans lesquelles il est impossible humainement d’en saisir le moindre mot ; sans eux, on s’égare indéfiniment dans un labyrinthe obscur. »

Auguste Comte, Cours de philosophie positive
« Il est devenu impossible aujourd’hui, à tous les observateurs ayant conscience de leur siècle, de méconnaître la destination finale de l’intelligence humaine pour la science, ainsi que son éloignement désormais irrévocable pour ces vaines doctrines et pour ces méthodes provisoires qui ne pouvaient convenir qu’à son premier essor. (…) Bientôt, ayant acquis le caractère d’universalité qui lui manque encore, la philosophie positive deviendra capable de se substituer entièrement, avec toute sa supériorité naturelle, à la théologie et à la métaphysique, qui bientôt n’auront plus pour nos successeurs qu’une existence historique. »