Noël approche ! Et avec cette fête, la tradition qui l’accompagne, celle de se faire des cadeaux. Peut-être les vôtres sont-ils déjà faits… Mais derrière l’évidence familière de ce rituel se cache en fait quelque chose de très mystérieux. Quelle étrange motivation peut bien conduite un individu rationnel à dépenser pour ce qui semble ne rien lui rapporter du tout ? Bien sûr, le marché profite de tout, et déjà les grands magasins se sont couverts de vitrines qui vous incitent à dépenser. Pourtant cette dépense ressemble bien à une aberration économique. Peut-être ne l’est-elle pas tant qu’elle n’en a l’air ? Quels retours peut bien espérer celui qui donne gratuitement ? Et d’ailleurs, est-ce si gratuit que cela ? Que gagne-t-on à donner ?
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Maria Marzano, Don et réciprocité, dans Dictionnaire d’éthique et de Philosophie morale
“Le don existe aussitôt que la possibilité d’un défaut de la réciprocité est acceptée. Mais, en même temps, le don reste toujours impensable sans l’espoir d’une réciprocité et sans supposer une réception de ce qui est donné. Donner sans attendre de retour est la condition même de la donation, mais donner sans supposer que le don va être reçu n’a pas de sens.”
Nietzsche
“Tout ce que l’on appelle amour. — Avidité et amour : quels sentiments différents nous saisissent à chacun de ces mots ! — et pourtant il se pourrait bien que cela fût le même instinct, dénommé deux fois.
Notre amour du prochain — n’est-il pas un désir impérieux de nouvelle propriété ?
On peut aussi souffrir d’une trop grande richesse, — le désir de rejeter, de distribuer peut aussi s’attribuer le nom d’« amour ».”