Le monde est rempli de merveilles ignorées et quand nous ouvrons le regard nous avons parfois du mal à en croire nos yeux. Dans ce monde où nous cherchons – c’est le sens de notre engagement – la vérité, nous allons nous demander ce soir s’il faut commencer par croire ce que nous voyons.
Le monde est une improbable énigme et personne n’y comprend rien. Nous pouvons tous l’avouer : il nous arrive bien souvent de ne rien comprendre à tout ce qui nous entoure, aux autres, et à notre propre vie. Mais y a-t-il une clé pour interpréter tout ce qui nous arrive ? Viendra-t-il un moment, un point de notre histoire où tout nous sera donné ? Y a-t-il un moment où la clé du chiffre nous sera donné, qui permettra de déchiffrer tout ce qui nous est arrivé ? Finirons-nous par tout comprendre ? Lire la suite
« La dignité de roi n’est-elle pas assez grande d’elle-même pour celui qui la possède pour le rendre heureux par la seule vue de ce qu’il est; faudra-t-il le divertir de cette pensée comme les gens du commun? Je vois bien que c’est rendre un homme heureux de le divertir de la vue de ses misères domestiques pour remplir toute sa pensée du soin de bien danser. Mais en sera-t-il de même d’un roi et sera-t-il plus heureux en s’attachant à ces vains amusements qu’à la vue de sa grandeur ? Et quel objet plus satisfaisant pourrait-on donner à son esprit? Ne serait-ce donc pas faire tort à sa joie d’occuper son âme à penser à ajuster ses pas à la cadence d’un air ou à placer adroitement une barre, au lieu de le laisser jouir en repos de la contemplation de la gloire majestueuse qui l’environne? Qu’on en fasse les preuves, qu’on laisse un roi tout seul sans aucune satisfaction des sens, sans aucun soin dans l’esprit, sans compagnies et sans divertissements, penser à lui tout à loisir, et l’on verra qu’un roi sans divertissement est un homme plein de misères. Aussi on évite cela soigneusement et il ne manque jamais d’y avoir auprès des personnes des rois un grand nombre de gens qui veillent à faire succéder le divertissement à leurs affaires et qui observent tout le temps de leur loisir pour leur fournir des plaisirs et des jeux en sorte qu’il n’y ait point de vide. C’est-à-dire qu’ils sont environnés de personnes qui ont un soin merveilleux de prendre garde que le roi ne soit seul et en état de penser à lui-même, sachant bien qu’il sera misérable, tout roi qu’il est, s’il y pense. »