Nous nous retrouvons ce soir au milieu d’un débat politique enfiévré et nous allons assister, spectateurs, à ce qui va se dérouler au sein de notre “Parlement”, composé de ceux que nous avons choisi pour nous représenter. Nous allons suivre, anxieux, les décisions de ceux qui ont pour mission de nous gouverner. Mais pourquoi les avons-nous choisis, eux ? D’où vient leur autorité ? Sommes-nous réellement d’accord avec nos propres choix ? Sommes-nous si certains de ceux qui dirigent cette cité qui nous rassemble ce soir ? Faisons un pas de recul et posons-nous la question ensemble : qui doit gouverner ?
La grande scène du monde politique semble être le lieu continuel du spectacle de tous les vices : fraude, mensonge, cupidité, vol, escroquerie, rivalité, luxure, égoïsme, mégalomanie, trahisons, il n’est que peu de défauts qui ne trouvent à s’illustrer dans la rubrique politique de nos actualités. Et quoi de plus ancien que cette actualité-là… Depuis que la politique est connue, le pouvoir semble toucher à ce qu’il y a parfois de plus noir dans l’homme, de plus bas, de plus médiocre. La politique devrait-elle être morale ? Mais qui a trouvé cette étrange question ? La politique peut-elle être autre chose qu’immorale ? Si l’on se contente d’observer, il ne faut même plus s’indigner – seulement se résigner à ce que le gouvernant ait sa propre logique, indépendante des exigences pures et idéales de l’éthique. Et pourtant, quel sens a la politique si elle ne sert pas un bien ? Et pourquoi faudrait-il s’obliger à obéir à des lois si elles n’ont aucun sens qui puisse rejoindre la quête de notre conscience ? Refusons de nous laisser faire, refusons d’être cyniques et de renoncer au sens même de la politique… Il faut affronter la question, au-delà de toutes les évidences apparentes : la politique peut-elle être morale ?