C’est le début de notre année, c’est la reprise, nous recommençons. Mais ce début est-il déjà terminé ? Peut-être les vacances semblent-elles déjà loin ? Les débuts finissent-ils toujours par s’achever ? Quand les débuts finissent-ils ? Quand finit ce qui commence ? Quand finira cette introduction ? Quand se termine l’enfance ? Quand commence-t-on de commencer ? Quand commence-t-on d’être enfin ?
Nous nous demandons souvent si nous ne sommes pas près du début de la fin, nous allons nous demander maintenant s’il y a une fin à tout début.
“Marie-toi, tu le regretteras ; ne te marie pas, tu le regretteras également ; marie-toi ou ne te marie pas, tu regretteras l’un et l’autre ; que tu te maries ou que tu n’en fasses rien, tu le regretteras dans les deux cas. Ris des folies du monde, tu le regretteras ; pleure sur elles, tu le regretteras également ; ris des folies du monde ou pleure sur elles, tu regretteras l’un et l’autre ; que tu ries des folies du monde ou que tu pleures sur elles, tu le regretteras dans les deux cas. Crois une jeune fille, tu le regretteras ; ne la crois pas, tu le regretteras également ; crois une jeune fille ou ne la crois pas, tu regretteras l’un et l’autre ; que tu croies une jeune fille ou que tu n’en fasses rien, tu le regretteras dans les deux cas. Pends-toi, tu le regretteras ; ne le fais pas, tu le regretteras également ; pends-toi ou non, tu regretteras l’un et l’autre ; que tu te pendes ou que tu n’en fasses rien, tu le regretteras dans les deux cas. Tel est, Messieurs, le résumé de tout l’art de vivre. […]
Le feu prit un jour dans les coulisses d’un théâtre. Le bouffon vint en avertir le public. On crut à un mot plaisant et l’on applaudit ; il répéta, les applaudissements redoublèrent. C’est ainsi, je pense, que le monde périra dans l’allégresse générale des gens spirituels persuadés qu’il s’agit d’une plaisanterie. »