J’espère que vous avez bien pris place et que vous êtes bien installés…
Dans un monde sens dessus dessous où tout semble avoir perdu son ordre, son sens et sa trace… Comment peut-on trouver sa place ?
Ce lieu où il faut se trouver pour pouvoir se retrouver et se comprendre, se redécouvrir… Peut-être l’occasion de faire un pas de côté, de se déplacer un peu de nos centres d’intérêts quotidiens et plus immédiats, mais moins essentiels… Faut-il trouver place ?
Devant la profondeur absolue ou le néant abyssal, il nous arrive d’éprouver l’ivresse et l’angoisse du vertige. Faut-il craindre les espaces infinis qui sont en-dessous de nos pieds, au-dessus de nos têtes, ou les vides sidéraux et sidérants qui traversent notre expérience quotidienne, qui traversent parfois notre actualité. Faut-il craindre ce qui pourrait nous inspirer le sentiment de la profondeur ? Faut-il accepter que dans nos vies, il y ait une place pour le blanc, le silence, la distance, pour ce qui n’est pas habité ? Que faut-il faire des vides qui traversent notre existence ? Faut-il avoir peur du vide ?
Enfin nous pouvons reprendre ! Pour combien de temps ? Nul ne le sait ; nous sommes désormais habitués à l’imprévu. Et pourtant, un air de liberté semble revivre et flotte à nouveau des les rues de la capitale. C’est une grande joie de reprendre ce qui s’était interrompu, de réanimer ce qui semblait s’être arrêté et de redonner du souffle à notre pensée un peu ankylosée. Nous allons pouvoir renaître ensemble à la philosophie… Mais est-il possible de renaître ? Lire la suite
« Quand on est jeune il ne faut pas remettre à philosopher, et quand on est vieux il ne faut pas se lasser de philosopher. Car jamais il n’est trop tôt ou trop tard pour travailler à la santé de l’âme. Or celui qui dit que l’heure de philosopher n’est pas encore arrivée ou est passée pour lui, ressemble à un homme qui dirait que l’heure d’être heureux n’est pas encore venue pour lui ou qu’elle n’est plus. Le jeune homme et le vieillard doivent donc philosopher l’un et l’autre, celui-ci pour rajeunir au contact du bien, en se remémorant les jours agréables du passé ; celui-là afin d’être, quoique jeune, tranquille comme un ancien en face de l’avenir. Par conséquent il faut méditer sur les causes qui peuvent produire le bonheur puisque, lorsqu’il est à nous, nous avons tout, et que, quand il nous manque, nous faisons tout pour l’avoir.
Attache-toi donc aux enseignements que je n’ai cessé de te donner et que je vais te répéter ; mets-les en pratique et médite-les, convaincu que ce sont là les principes nécessaires pour bien vivre.
[…]
Médite donc tous ces enseignements et tous ceux qui s’y rattachent, médite-les jour et nuit, à part toi et aussi en commun avec ton semblable. Si tu le fais, jamais tu n’éprouveras le moindre trouble en songe ou éveillé, et tu vivras comme un dieu parmi les hommes. Car un homme qui vit au milieu de biens impérissables ne ressemble en rien à un être mortel. »