J’espère que vous avez bien pris place et que vous êtes bien installés…
Dans un monde sens dessus dessous où tout semble avoir perdu son ordre, son sens et sa trace… Comment peut-on trouver sa place ?
Ce lieu où il faut se trouver pour pouvoir se retrouver et se comprendre, se redécouvrir… Peut-être l’occasion de faire un pas de côté, de se déplacer un peu de nos centres d’intérêts quotidiens et plus immédiats, mais moins essentiels… Faut-il trouver place ?
“Toutes les études ont leur attrait. Lorsque nous contemplons les êtres éternels, les pauvres connaissances que nous en atteignons nous apportent cependant, en raison de l’excellence de cette contemplation, plus de joie que toutes les choses qui nous entourent, tout juste comme un coup d’œil fugitif et partiel sur des personnes aimées nous donne plus de joie que la connaissance exacte de beaucoup d’autres choses, si considérables qu’elles soient. Mais, d’un autre côté, pour l’exactitude et l’étendue de la connaissance, la science des choses terrestres a l’avantage. Parce que ces choses sont tout près de nous, elles sont familières, et cette dernière étude devient presque la rivale de la philosophie des choses divines.”
Quelle époque nous vivons ! La succession des événements qui se déroule sous nos yeux nous donne le sentiment étrange et un peu vertigineux que nous sommes parvenus à un moment de tournant de notre histoire, de celle de notre société, et peut-être de l’histoire du monde… Mais n’est-ce pas le sentiment qu’ont partagé toutes les générations avant nous ? L’impression que quelque chose est en train de se passer qui va bientôt se dévoiler, que l’histoire, pour tout dire, se dirige vers un but déterminé que nous devrions comprendre, que nous devrions déjà voir, et qu’ainsi nous pourrions prévoir… Mais les choses sont-elles si simples ? Après tout, dans le tumulte du présent comme dans la connaissance du passé, ce qui apparaît est plutôt indéterminé, chaotique, injuste et absurde même… Faut-il lire dans le passé la trace du destin qui s’écrit ? Que se passe-t-il dans ce qui passe ? Sommes-nous conduits quelque part par le fracas des événements, ou totalement abandonnés à une absolue contingence ? L’histoire a-t-elle un sens ?
Dans le débat contemporain, parler de la vérité est déjà en soi suspect – comme si la vérité était un absolu… Ne serait-elle pas plutôt une question de point de vue, de perspective, de sensibilité ou de convictions ? Mais si chacun a sa vérité, il semble que le mot soit vide de sens – que les mots tout entiers aient perdu tout sens ; car de quelle vérité parlons-nous, quand chacun a la sienne pour soi ? Faut-il renoncer à la vérité, dans le règne des opinions ? Ou faut-il renoncer à parler, si la vérité dépasse tout ce que nous pouvons en dire ? Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement la possibilité de la philosophie, comme recherche de la vérité ; c’est la possibilité de toute connaissance.
Car connaître, c’est bien, semble-t-il, proposer du monde une description vraie, absolument et universellement, et donc une idée qui, parce qu’elle est juste, puisse être partagée par celui qui l’énonce. Ce qui est en jeu, finalement, c’est le sens même du dialogue, du débat, de la parole, de ce lien faits de mots qui nous rattache aux autres dans une commune société. La vérité dépend-elle de nous ?
Dans une époque habitée par le doute, la science est devenue un repère absolu : au-dessus de tous les discours, de toutes les opinions contradictoires, est considéré comme incontestable ce qui est “scientifiquement prouvé”. Pourtant, l’histoire des sciences n’est faite que d’erreurs révisées… Le progrès scientifique se poursuit par la remise en cause des savoirs acquis. Quel est alors le sens véritable de la recherche scientifique ? Quelle place accorder à la science dans notre quête de vérité ? Lire la suite