C’est le début d’une nouvelle année, et nous nous demandons tous avec un mélange d’angoisse et d’espoir, qui ne veut pas s’avouer, comment elle pourrait bien finir. La réponse existe-t-elle vraiment ? Y a-t-il quelque chose qui pourrait permettre de lire dans les indices du présent à quoi ressemblera la suite de l’histoire ? À quoi ressemblera l’avenir de cette année ? L’avenir est-il déjà contenu dans ce que nous savons être notre passé ? Faut-il croire que tout est déjà prêt à se déployer ? L’histoire est-elle écrite d’avance ?
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Le monde est rempli de merveilles ignorées et quand nous ouvrons le regard nous avons parfois du mal à en croire nos yeux. Dans ce monde où nous cherchons – c’est le sens de notre engagement – la vérité, nous allons nous demander ce soir s’il faut commencer par croire ce que nous voyons.
Vous êtes ici peut-être avec l’espoir de trouver quelque chose de changé. Depuis que nous nous sommes quittés à la fin de l’année dernière, vous aussi avez changé, vous êtes nouveaux. Et pourtant, vous êtes aussi les mêmes ! Nous espérons tous changer, nous espérons la rupture qui nous permettrait de voir le monde enfin s’améliorer et qui nous permettrait de progresser nous aussi. Y a-t-il quoi que ce soit qui change dans ce monde ? Est-il possible de trouver quelque chose qui ne soit pas le même que ce que nous n’avons cesser de croiser ? Y a-t-il quelque chose de nouveau ?
Comment être sûr de soi dans un monde où rien n’est évident et où rien ne semble certain. Nous avons parlé ensemble de la recherche de la vérité et nous avons parlé ensemble de cette recherche d’un sens qui peut nous orienter dans l’univers où nous vivons. Mais qu’est ce qui pourrait nous faire penser que nous sommes parvenus à une vérité définitivement acquise ? Et comment pourrions-nous espérer qu’un sens soit clairement connu d’une façon vraiment familière ? Comment pourrions-nous obtenir une certitude qui semble parfois se dérober quand nous nous rendons compte que nos opinions les plus assumées étaient en fait bien trop fragiles ? Peut-on être sûr de quoique ce soit ? Comment atteindre une certitude ? Comment être sûrs de ne pas se tromper ?
Nous sommes des êtres de désirs, et nos désirs, nous l’avons vu, veulent donner à notre vie leurs orientations singulières. Pour cela, il faut encore être libre. Et être libre, c’est choisir : pas de liberté sans choix. Mais suffit-il de faire des choix pour être certains d’être libres ? Quelle part de notre initiative entre dans nos décisions ? Quelle liberté réelle traduisent nos délibérations ? Nous ne sommes pas des atomes séparés livrés à leur propre trajectoire dans un espace en apesanteur… Sur nous pèsent tant de choses – nos pulsions et nos peurs, le regard des autres et les contraintes de la vie sociale… Quand nous avons le sentiment de prendre une décision, l’impression qu’elle provient de nous n’est elle en fait qu’une illusion ? Sommes-nous les auteurs de nos vies ? Sommes nous libres de nos choix ?
Il y a plusieurs manières de décrire le réel : l’opinion, la sensibilité, l’art, la religion, la philosophie… Autant de registres possibles pour tenter d’atteindre une vérité. A l’écart de tous ces discours, la science semble se distinguer de toutes les autres descriptions du monde par sa précision, son exactitude, par la certitude qu’elle produit. Aussi ne se place-t-elle pas au même niveau : dans le relativisme qui marque le temps présent, elle est la seule à pouvoir revendiquer une adhésion universelle. Mais à quoi faut-il attribuer cette certitude de la science ? Quel discours peut prétendre à la dignité de « science », et être reconnu comme « scientifique » ? Dans le foisonnement et la diversité des discours, à quoi reconnaît-on une science ?





