L’art, nous le savons, ce n’est pas seulement des oeuvres : c’est aussi ce que nous en disons. Notre expérience de l’oeuvre d’art passe par les émotions que nous exprimons, les jugements que nous échangeons, les enthousiasmes et les déceptions, qui peuvent parfois se confronter quand un désaccord survient. Qu’est-ce qui fait qu’une oeuvre est réussie ? Y a-t-il des critères objectifs qui pourraient permettre de considérer qu’un artiste est meilleur qu’un autre, qu’une création atteint ou manque les buts qu’elle se devrait de suivre ? Et qu’est-ce qu’une oeuvre manquée ? Une oeuvre ratée serait-elle encore une oeuvre ? Y a-t-il des oeuvres qui n’en sont pas ? Bref, faut-il respecter des normes pour produire une oeuvre d’art, ou devons-nous proclamer fièrement que tout ce qu’on veut art est oeuvre ? Y a-t-il des règles de l’art ?
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Il est des moments dans l’existence, des moments d’épreuve, de souffrance, que l’on préfèrerait oublier pour pouvoir refaire sa vie – pour recommencer à zéro, pour se défaire d’un échec, pour tourner la page d’une colère, sortir du cycle de la défiance et rompre ainsi la solitude. Il y a des moments où le passé devient un passif ; ne faudrait-il pas l’oublier pour construire vraiment l’avenir ? Et en même temps, comment oublier ? Et surtout, comment construire, si l’on ne garde rien du passé qui puisse fonder nos projets, former nos choix, et simplement dire qui nous sommes ? Oublier, n’est-ce pas le projet déprimé de celui qui préfère perdre conscience, abandonner plutôt que de reconstruire ? Tous fragiles, tous confrontés aux blessures qui traversent chacune de nos vies, nous pouvons lutter pour en conserver les leçons par l’effort du souvenir, ou préférer l’anesthésie… Faut-il oublier le passé pour construire l’avenir ?

