Nous avons réfléchi ensemble à la différence majeure entre l’homme et l’animal. Mais si l’homme est un homme, c’est aussi et d’abord par les autres. Vivre en société et se laisser transformer par la vie en société, vivre sous le regard des autres, transformer leur propre regard sur soi et sur le monde qui les entoure, c’est ce qui fait aussi, une part de la condition humaine. Cette part de la condition humaine, nous la désignons sous le mot, trop rarement usité et pourtant si décisif d’imitation. Nous ne cessons de nous imiter, de nous imiter entre nous et d’imiter des modèles qui font notre société, parfois même à travers l’histoire, mais si nous imitons nous-mêmes, entre nous, alors qu’est ce qu’être soi-même ? Être soi-même, n’est-ce pas refuser d’être une copie ? N’est-ce pas choisir d’être un original ? Être soi-même, est-ce n’imiter personne ?
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Nous vivons en société. Nous vivons avec les autres. Nous partageons chaque jour la vie d’autres que nous. Et certains sont nos amis. Mais que savons-nous vraiment d’eux ? Que pouvons-nous vraiment savoir de ces autres que nous croisons, que nous disons connaître – que nous croyons connaître ? Nous avons beau leur parler, les observer, les scruter… A la fin des fins, leur intériorité ne demeure-t-elle pas à jamais cachée pour notre curiosité ? Et il semble bien que nous aussi, même quand nous le voudrions, nous ne cessons de nous cogner aux murs quand nous espérons faire comprendre ce qui nous préoccupe ou nous passionne le plus, ce qui agite et anime l’intimité à jamais secrète de notre vie intérieure… Pouvons-nous espérer partager un jour l’essentiel avec quelqu’un qui nous comprendrait, et qu’enfin nous pourrions connaître ? Ou faut-il renoncer à cet espoir, et fuir la vie en société pour nous retrouver nous-mêmes ? Sommes-nous toujours seuls ?

