Ce n’est pas comme si nous n’avions pas beaucoup de raisons de nous lamenter. Mais à quoi sert de se lamenter ? De fait, il semble bien que sangloter ne serve à rien et que le fait même de pleurer ne change absolument rien à ce qui nous fait pleurer. Et pourtant nous pleurons. Avouons-le, nous pleurons tous. Cela nous est tous arrivé, à certains peut-être plus qu’à d’autres mais il nous est tous arrivé un jour d’être saisis par les larmes et d’éprouver cette expérience si singulière, si étrange qui consiste à pleurer en sachant très bien que cela ne sert à rien. Faut-il sécher ses larmes ? Faut-il se raviver ou au contraire se raviser et tenter de comprendre ce que veut dire cette expérience étonnante ? Pourquoi pleurer ? Lire la suite
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Qui oserait avouer qu’il a peur ? Nous n’aimons pas avoir peur. Et nous n’aimons pas avouer que nous avons peur. Peut-être n’aimons-nous pas nous avouer à nous-mêmes que nous avons peur… Pourtant, nous avons tous peur. De quelque chose ou de quelqu’un. Peut-être tous peur de nous-mêmes au fond. Mais sans doute est-il nécessaire d’avoir peur ? Car celui qui n’aurait peur de rien serait de ce fait immédiatement en danger. Avoir peur, n’est-ce pas en effet se laisser guider par l’instinct qui nous conduit vers ce qui est le plus sûr et qui nous écarte du plus grand de tous les dangers. Peut-être au fond, de façon surprenante, notre vie est-elle suspendue au sentiment que nous nous avouons le moins et que nous détestons le plus.
Alors, faut-il tenter de devenir suffisamment fort pour n’avoir plus peur de rien ? Faut-il chercher à devenir ces héros sans peur ou bien au contraire nous réconcilier avec notre propre faiblesse ? Faut-il avoir peur d’avoir peur ?
Après avoir parlé du rire, ce soir, nous allons pleurer. Nous avons évoqué cette question, lors de notre dernière soirée : Pouvons-nous vraiment rire de tout ? Ce soir, nous allons parler de ce qui ne fait pas rire, et de ce qui, dans nos vies, semble parfois échouer. La souffrance, en effet, habite toute existence humaine. Et du mystère de le souffrance, il faut bien que nous puissions faire quelque chose. Doit-elle être regardée comme un accident, une absurdité, une aberration absurde ? Ou bien faut-il au contraire considérer qu’elle peut trouver sa place dans une histoire qui lui donne, d’une certaine manière, une valeur et un sens ? Dans nos vies marquées par le désir de réussir et d’être heureux, quelle place trouver pour la souffrance ? Que signifie vraiment que l’homme soit un être non seulement pensant mais aussi si souvent un être souffrant ? La souffrance a t-elle un sens ?
Comment vivre, comment rêver, comment désirer, comment choisir, dans un monde où il faut mourir ? Nous sommes là ce soir, bien vivants, animés de la force de vie qui nous traverse et nous emmène vers nos projets d’avenir… Mais tout cela n’est-il pas vain ? Malgré toutes nos prouesses, nos réussites, nos succès, malgré tous nos espoirs aussi et ce qui reste et restera inachevé dans nos vies, un jour il faudra partir : voilà la grande limite qui se dresse, et qui semble inébranlable. Révoltante, mais inébranlable. Est-il possible d’espérer la dépasser, s’en abstraire, ou tout simplement la fuir ? Faut-il entretenir l’espoir de vaincre un jour cette ultime frontière ? Peut-on s’affranchir de la mort ?



