Le Poème, Parménide
« Enfant, qu’accompagnent d’immortelles conductrices,
Enfant, que tes cavales ont amené dans ma demeure,
sois le bienvenu; ce n’est pas une mauvaise destinée qui t’a conduit
sur cette route éloignée du sentier des hommes;
c’est le droit et la justice. Il faut que tu apprennes toutes choses,
et le cœur fidèle de la vérité qui s’impose,
et les opinions humaines qui sont en dehors de la vraie certitude.
Mais toutefois tu apprendras encore ceci :
Comment il faudrait que les apparences soient réellement,
traversant toutes choses dans leur totalité.
II.
Allons, je vais te dire et toi prête l’oreille à ma parole et garde-la bien en toi :
quelles sont les seules voies de recherche, les seules que l’intelligence puisse concevoir ;
l’une, que l’être est, que le non-être n’est pas,
chemin de la certitude, qui accompagne la vérité;
l’autre, que l’être n’est pas, et que le non-être est forcément,
route où je te le dis, tu ne dois aucunement te laisser entrainer.
Tu ne peux avoir connaissance de ce qui n’est pas, tu ne peux le saisir ni l’exprimer.
Car la pensée et l’être sont une seule et même chose. »

