Nous avons réfléchi ensemble à la différence majeure entre l’homme et l’animal. Mais si l’homme est un homme, c’est aussi et d’abord par les autres. Vivre en société et se laisser transformer par la vie en société, vivre sous le regard des autres, transformer leur propre regard sur soi et sur le monde qui les entoure, c’est ce qui fait aussi, une part de la condition humaine. Cette part de la condition humaine, nous la désignons sous le mot, trop rarement usité et pourtant si décisif d’imitation. Nous ne cessons de nous imiter, de nous imiter entre nous et d’imiter des modèles qui font notre société, parfois même à travers l’histoire, mais si nous imitons nous-mêmes, entre nous, alors qu’est ce qu’être soi-même ? Être soi-même, n’est-ce pas refuser d’être une copie ? N’est-ce pas choisir d’être un original ? Être soi-même, est-ce n’imiter personne ?
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Nos vies sont faites de désirs, de nos plus grandes aspirations aux petits caprices du moment : le monde est pour nous, à chaque instant, un espace polarisé par la tension du désir. Nous sommes en quête, en recherche de ce qui viendra satisfaire les manques et les frustrations qui marquent encore notre vie, de ce qui pourra accomplir nos projets et combler nos envies. Mais voilà, un désir en suivant un autre, nous ne sommes jamais comblés : éternels insatisfaits, est-ce un signe de déraison que nous ne parvenions jamais à apaiser nos désirs ? Et qu’est-ce qui, finalement, pourrait enfin nous apaiser ? Derrière tous ces désirs qui se suivent, derrière nos motivations successives, dans tous nos projets et nos plans, derrière toute l’énergie dépensée dans tant d’activités, tant de défis, tant d’engagements, savons-nous tout simplement, en fait, ce que nous cherchons ? Jamais nous ne cessons de désirer ; mais que désirons-nous vraiment ?

