Vous êtes tous singuliers, vous êtes tous différents, tous uniques. Mais êtes-vous tous égaux ? C’est la question dérangeante, inquiétante, peut-être un peu provocante qui nous préoccupera. Il y a des questions philosophiques plus politiques que d’autres et des questions politiques plus fondamentales que d’autres. La question de l’égalité, dans un monde démocratique, est une question déterminante.
Sommes-nous tous égaux ? Ce sera la question de cette nouvelle soirée.
Souvent angoissante, la conscience de notre finitude est avant tout une chance. L’immense valeur du temps vient précisément du fait qu’il nous est compté. La philosophie nous invite ainsi à envisager le temps comme un cadeau, un véritable “présent” !
Faut-il tout changer ? Comment la question peut-elle même se poser ? Qui ne voudrait pas tout changer ? Qui parmi vous est prêt à prendre les choses comme elles sont ? A laisser la réalité telle qu’elle est ? Qui assumerait le fait de ne vouloir rien bouger ; qui plus est dans un monde marqué par la passion, dans un monde d’innovation : ne faut-il pas accepter de tout changer ? Et commencer par nous changer nous-mêmes pour aller de plus en plus vite, au rythme des changements qui semblent s’imposer à nous. Et pourtant, tout changer, c’est à dire faire la révolution : qui d’entre nous y est vraiment prêt ? Tout changer, c’est savoir ce que l’on perd, mais ce n’est pas savoir ce que l’on trouve. Tout changer, c’est prendre un risque et c’est sauter dans le vide. Qui d’entre nous ici y a vraiment intérêt ? Alors au fond, nous passons notre temps à nous plaindre que les choses ne sont comme elles devraient être. Mais qui d’entre nous est vraiment prêt à tout changer ?
Dans nos histoires d’enfant, le monde était tellement simple. A la fin, les gentils gagnaient et les méchants échouaient toujours ! Dans notre vie d’adulte, le monde est plus compliqué. Et il arrive si souvent que les gentils finissent par perdre et que les méchants l’emportent… Comment faire en sorte de construire un monde qui soit moins injuste, moins arbitraire ? Peut-on même espérer un monde qui se délivre définitivement de l’expérience de l’injustice ? Nous le savons bien, l’homme est faillible et il le restera toujours. Il ne s’agit pas ici de nous demander si le mal peut être évité, mais seulement si cette forme particulière du mal, qui consiste à faire en sorte qu’à la fin, le mal l’emporte, pourrait nous être épargné. L’injustice peut-elle être vaincue ? La politique doit-elle se fixer ce but ? L’injustice est-elle inévitable ?
Il est des moments dans l’existence, des moments d’épreuve, de souffrance, que l’on préfèrerait oublier pour pouvoir refaire sa vie – pour recommencer à zéro, pour se défaire d’un échec, pour tourner la page d’une colère, sortir du cycle de la défiance et rompre ainsi la solitude. Il y a des moments où le passé devient un passif ; ne faudrait-il pas l’oublier pour construire vraiment l’avenir ? Et en même temps, comment oublier ? Et surtout, comment construire, si l’on ne garde rien du passé qui puisse fonder nos projets, former nos choix, et simplement dire qui nous sommes ? Oublier, n’est-ce pas le projet déprimé de celui qui préfère perdre conscience, abandonner plutôt que de reconstruire ? Tous fragiles, tous confrontés aux blessures qui traversent chacune de nos vies, nous pouvons lutter pour en conserver les leçons par l’effort du souvenir, ou préférer l’anesthésie… Faut-il oublier le passé pour construire l’avenir ?