Que vaut vraiment une existence ? Sommes-nous la somme de nos actions et y a-t-il quelque chose dans nos vies qui soit meilleur que ce que nous sommes capables d’en faire ? Y a-t-il une valeur intrinsèque de ces vies que nous menons sans savoir où elles nous mènent ? Il nous arrive parfois, sans doute, dans les moments d’épreuve, de découragement, de douter que la vie ait une véritable valeur. Pourtant, nous le savons bien : être vivant est, en soi, ce à quoi nous tenons tous ! La vie a-t-elle une valeur essentielle qui doit être préservé ? Faut-il au contraire, lui donner de la valeur, en en faisant quelque chose qui lui donne un sens authentique ? Que vaut une vie ?
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Pour la Saint Valentin, vous inviterez quelqu’un à dîner… et vous êtes sans doute venus chercher des éléments de langage ; ce soir, nous allons parler d’amour ! Parler d’amour parce que l’amour fait partie de ces mystères auxquels se confronte la philosophie. Avec le pauvre travail de l’esprit, nous essayons de deviner le secret caché derrière les comportements humains et, sans doute, aucun d’entre eux n’est aussi impénétrable et difficile à comprendre que le sentiment amoureux. L’expérience de l’amour, le fait même d’aimer au sens large de ce terme, au sens le plus fort du mot, n’ a t-il pas quelque chose d’absolument incompatible avec l’effort de la raison ? Dans tout amour, n’y a t-il pas un risque qui s’apparente à une folie ? Est-il raisonnable d’aimer ?
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L’Utilitarisme
« Sans doute, on peut vivre sans bonheur, et c’est ainsi que vivent involontairement les dix-neuf vingtièmes des hommes même dans notre monde civilisé. Souvent même les héros ou les martyrs sacrifient volontairement leur bonheur à la chose qu’ils estiment plus que ce bonheur individuel. Mais cette chose n’est-ce pas le bonheur des autres, ou quelques-unes des conditions requises de ce bonheur ? Il est noble d’être capable d’abandonner sa part de bonheur : mais après tout, ce sacrifice doit être fait en vue d’un but : on ne le fait pas uniquement pour le plaisir de se sacrifier ; si l’on nous dit que ce but c’est la vertu qui est meilleure que le bonheur, je demande si le héros ou le martyr ne croit pas qu’en sacrifiant son bonheur il gagnera d’autres privilèges ? Accomplirait-il son sacrifice s’il pensait que sa renonciation sera sans fruit pour son prochain, et le mettra aussi dans la position de l’homme qui a renoncé au bonheur ? Honneur à ceux qui peuvent renoncer pour eux-mêmes aux jouissances de la vie afin d’augmenter la somme de bonheur de l’humanité ! Mais que celui qui le fait dans un autre but ne soit pas plus admiré que l’ascète sur sa colonne ! Il montre ce que peut faire l’homme, et non pas ce qu’il doit faire. (…)
La morale utilitaire reconnaît dans les créatures humaines le pouvoir de sacrifier leur plus grand bien pour le bien des autres. Seulement elle refuse d’admettre que le sacrifice ait une valeur en soi. Un sacrifice qui n’augmente pas ou ne tend pas à augmenter la somme totale du bonheur doit être considéré comme inutile. La seule renonciation admise, c’est la dévotion au bonheur des autres, à l’humanité ou aux individus, dans les limites imposées par les intérêts collectifs de l’humanité. »
Nous avons réfléchi ensemble à la différence majeure entre l’homme et l’animal. Mais si l’homme est un homme, c’est aussi et d’abord par les autres. Vivre en société et se laisser transformer par la vie en société, vivre sous le regard des autres, transformer leur propre regard sur soi et sur le monde qui les entoure, c’est ce qui fait aussi, une part de la condition humaine. Cette part de la condition humaine, nous la désignons sous le mot, trop rarement usité et pourtant si décisif d’imitation. Nous ne cessons de nous imiter, de nous imiter entre nous et d’imiter des modèles qui font notre société, parfois même à travers l’histoire, mais si nous imitons nous-mêmes, entre nous, alors qu’est ce qu’être soi-même ? Être soi-même, n’est-ce pas refuser d’être une copie ? N’est-ce pas choisir d’être un original ? Être soi-même, est-ce n’imiter personne ?
A côté de cette dernière question, toutes les autres semblent futiles. Toute la philosophie s’efface et se confond, en fait, dans un seul problème : comment bien vivre ? Comment réussir cette vie ? Cette vie unique, et donc précieuse entre toutes, fragiles entre toutes aussi… Que signifie exactement accomplir vraiment cette existence ? De cette question dépend l’orientation de nos actions, de nos instants, de chaque moment de notre présent… Pour ne pas perdre ce présent, pour ne pas finir et mourir sans avoir rien réalisé, il importe plus que tout de répondre à cette question : Qu’est-ce qu’une vie réussie ?
“Ils peuvent bien me tuer ; mais ils ne peuvent pas me nuire.” (Socrate, cité par Epictète, Manuel)
Programme exceptionnellement modifié : à la suite des attentats du vendredi 13 novembre 2015, les Soirées de la Philo se penchent sur la question de la violence.





