Il n’y a pas que la violence que les hommes s’infligent entre eux : les hommes, nous le savons, sont capables de lutter contre la nature elle-même, pour en repousser les limites, et pour inventer leur destin. C’est cela qu’on appelle la technique. Par le travail, par la pensée, nous transformons le monde qui nous est donné ; et dans l’ivresse du pouvoir nouveau que nous donne aujourd’hui le progrès des sciences, nous avions projeté d’imposer à la nature un monde selon nos besoins, pour que l’humain devienne pleinement « la mesure de toutes choses. » Mais voilà, la nature ne se laisse pas faire… Avons-nous eu tort de croire que nous étions les plus forts ? Faut-il retrouver le sens d’une sagesse qui s’accorde avec le réel – ou bien pousser plus loin la lutte encore, imposer notre liberté ? Nos désirs font-ils de nous des vivants contre nature ? La technique est-elle vraiment une victoire contre la nature ?
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“Memento mori”, souviens-toi que tu es mortel : voilà l’avertissement pluriséculaire lancé par les artistes occidentaux à ceux qui, devant le spectacle de la beauté, auraient pu s’attacher un peu trop aux joies de l’existence. Et de fait, tout ce que nous mettons tant d’effort à rechercher ici-bas semble inéluctablement condamné à disparaître. Il suffit de penser la mort pour que ce qui occupe notre vie perde la valeur que nous lui donnions. Et pourtant, sommes-nous si certains que la mort soit à ce point le contraire de la vie ? Lire la suite
Considérer l’animal, c’est toujours s’inquiéter de nous-mêmes. Qui sommes-nous par rapport à lui ? La question est moins évidente qu’il n’y paraît. Pendant longtemps, la nature autant que la culture ont semblé séparer, de façon indépassable, l’humain du reste du vivant. De fait, rien n’est plus commun que de parler du “propre de l’homme”, qu’il s’agisse de la raison, de la conscience, du sentiment, du rapport au temps ou de la relation aux autres. Mais voilà que ces certitudes ancestrales se trouvent soudainement bouleversées. Lire la suite


