Toutes les bonnes choses ont une fin. Mieux vaut ne pas attendre qu’elles soient terminées avant d’en profiter vraiment. Alors, qu’est-ce que nous attendons pour être heureux ? Qu’attendons-nous exactement pour nous décider enfin à goûter pleinement cette vie ? Qu’attendons-nous pour saisir la chance immense, le trésor exceptionnel que constitue cette existence ? Et pourtant, nous le savons bien, nous attendons tous quelque chose : la fin d’une épreuve, la résolution d’un problème, l’obtention de quelque bien qui occupe notre esprit. Faut-il attendre encore ou faut-il se résigner à prendre les choses comme elles sont ? Qu’attendons-nous exactement pour réaliser complètement ce qui fait notre existence ? Qu’avons-nous raison d’attendre ? Qu’aurions-nous raison d’ignorer ? Qu’attendons-nous pour être heureux ?
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Comment vivre, comment rêver, comment désirer, comment choisir, dans un monde où il faut mourir ? Nous sommes là ce soir, bien vivants, animés de la force de vie qui nous traverse et nous emmène vers nos projets d’avenir… Mais tout cela n’est-il pas vain ? Malgré toutes nos prouesses, nos réussites, nos succès, malgré tous nos espoirs aussi et ce qui reste et restera inachevé dans nos vies, un jour il faudra partir : voilà la grande limite qui se dresse, et qui semble inébranlable. Révoltante, mais inébranlable. Est-il possible d’espérer la dépasser, s’en abstraire, ou tout simplement la fuir ? Faut-il entretenir l’espoir de vaincre un jour cette ultime frontière ? Peut-on s’affranchir de la mort ?
Vivre au présent : voilà bien le projet le plus simple, le plus évident, le plus nécessaire et le plus difficile à la fois… Le plus nécessaire, parce qu’il serait fou de fuir le seul temps qui nous est donné. Mais le plus difficile aussi : parce que penser, être conscient, c’est ne jamais être totalement dans ce que l’on fait : c’est être toujours ici, avec mon corps, et ailleurs, par la pensée. Ailleurs : hier, ou demain, dans un passé qu’on regrette ou dans un avenir qu’on projette… La technologie contemporaine diffracte encore notre attention : vous êtes ici, avec nous. Et peut-être ailleurs, parlant en ce moment à un ami du bout du monde, ou vivant au rythme d’une préoccupation lointaine… Avons-nous la moindre chance d’être pleinement, totalement présent au moment que nous vivons ? Sommes-nous capables de vivre l’ici et le maintenant ? L’instant le plus proche n’est il pas en même temps le plus lointain, et presque inaccessible ? Peut-on vraiment vivre le temps présent ?



