Devant la profondeur absolue ou le néant abyssal, il nous arrive d’éprouver l’ivresse et l’angoisse du vertige. Faut-il craindre les espaces infinis qui sont en-dessous de nos pieds, au-dessus de nos têtes, ou les vides sidéraux et sidérants qui traversent notre expérience quotidienne, qui traversent parfois notre actualité. Faut-il craindre ce qui pourrait nous inspirer le sentiment de la profondeur ? Faut-il accepter que dans nos vies, il y ait une place pour le blanc, le silence, la distance, pour ce qui n’est pas habité ? Que faut-il faire des vides qui traversent notre existence ? Faut-il avoir peur du vide ?
Articles
Faut-il tout changer ? Comment la question peut-elle même se poser ? Qui ne voudrait pas tout changer ? Qui parmi vous est prêt à prendre les choses comme elles sont ? A laisser la réalité telle qu’elle est ? Qui assumerait le fait de ne vouloir rien bouger ; qui plus est dans un monde marqué par la passion, dans un monde d’innovation : ne faut-il pas accepter de tout changer ? Et commencer par nous changer nous-mêmes pour aller de plus en plus vite, au rythme des changements qui semblent s’imposer à nous. Et pourtant, tout changer, c’est à dire faire la révolution : qui d’entre nous y est vraiment prêt ? Tout changer, c’est savoir ce que l’on perd, mais ce n’est pas savoir ce que l’on trouve. Tout changer, c’est prendre un risque et c’est sauter dans le vide. Qui d’entre nous ici y a vraiment intérêt ? Alors au fond, nous passons notre temps à nous plaindre que les choses ne sont comme elles devraient être. Mais qui d’entre nous est vraiment prêt à tout changer ?
Comment vivre, comment rêver, comment désirer, comment choisir, dans un monde où il faut mourir ? Nous sommes là ce soir, bien vivants, animés de la force de vie qui nous traverse et nous emmène vers nos projets d’avenir… Mais tout cela n’est-il pas vain ? Malgré toutes nos prouesses, nos réussites, nos succès, malgré tous nos espoirs aussi et ce qui reste et restera inachevé dans nos vies, un jour il faudra partir : voilà la grande limite qui se dresse, et qui semble inébranlable. Révoltante, mais inébranlable. Est-il possible d’espérer la dépasser, s’en abstraire, ou tout simplement la fuir ? Faut-il entretenir l’espoir de vaincre un jour cette ultime frontière ? Peut-on s’affranchir de la mort ?


