Vous êtes tolérés ici ! Et je suis très heureux de vous retrouver pour parler de cette expérience qui survient lorsque nous sommes en désaccord… Il faut faire quelque chose de nos divergences ; c’est dans ces moments là que se présente à nous la tolérance comme une solution. Trop facile ? Peut-être. Un peu lâche ? Sans doute… Mais elle permet à tout le moins de garantir la paix civile et la concorde sociale. Si nous pouvions nous tolérer, réapprendre à tolérer les opinions divergentes, ne serions-nous pas plus heureux de vivre ensemble et de vivre en paix ? Et pourtant… si la société n’était qu’une affaire de tolérance, nous arriverait-il encore de chercher la vérité à travers les controverses parfois fécondes malgré leurs difficultés qui nous permettent de progresser ? Faut-il tolérer n’importe quoi ? Faut-il fixer des limites à cette vertu et refuser de tolérer l’insupportable, l’inacceptable ? Y a-t-il de l’intolérable ? Y a-t-il des limites à la tolérance ?
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La liberté est engageante, elle suppose un prix à payer. Bien loin d’être un chemin linéaire, notre liberté émerge de conditions souvent exigeantes. La marche vers la liberté est faite d’humilité, d’angoisse, de risques. Comment mener à bien cette aventure ?
Qui sommes-nous en réalité ? Qui êtes-vous ? Êtes-vous vraiment les mêmes que ceux que nous avons rencontrés il y a quinze jours de cela dans cette même salle, dans ce même lieu ? Ou bien n’avez-vous pas changé ? Qu’est ce qui fait notre identité ? Qu’est ce qui nous permet de définir ce que nous sommes individuellement et collectivement ? Bien sûr il semble que la mémoire soit nécessaire à notre identité personnelle, bien sûr il semble que pour nous définir nous ayons besoin de nous souvenir. Et pourtant la mémoire ne nous empêche-t-elle pas d’évoluer, de changer, de nous renouveler ? Ne nous empêche-t-elle pas de devenir petit à petit autre que celui nous étions ? Ne nous prive-t-elle pas de notre liberté ? Faut-il avoir des souvenirs pour savoir qui nous sommes et qui nous devons rester ? Faut-il au contraire se défaire de la mémoire pour s’ouvrir à de nouvelles potentialités ? La mémoire nous dit-elle qui nous sommes ?
Nous ne sommes pas seuls, et dans la société qui fait notre expérience quotidienne nos libertés se rencontrent, s’entrechoquent souvent, se heurtent parfois frontalement. Nous avons été blessés par les autres, et nous les avons blessés. Nul ne peut dire qu’il n’a jamais fait de tort à personne ; et nul non plus, sans doute, que personne ne lui en a fait. De ces fautes commises, ou subies, nous pouvons effacer le reproche : le pardon est nécessaire pour éviter que la vie en société ne devienne bientôt un enfer. Mais jusqu’où est-il nécessaire ? Jusqu’où même est-il possible ? La souffrance est parfois irréparable ; quand le mal commis par autrui m’a plongé comme en enfer, ne serait-il pas fou de vouloir encore pardonner ? N’y a-t-il pas des fautes qui resteront irrémissibles, ineffaçables, indépassables ? Peut-on vraiment tout pardonner ?



