Reconnaissons-le, le monde est rempli de problèmes qui ne nous concernent pas. Faut-il s’en préoccuper ? Nous savons très bien que si nous devions être inquiets de tout ce qui se passe autour de nous, du plus loin au plus près, il sera bien difficile de trouver, l’espace d’un instant pour enfin vivre sans soucis. A-t-on le droit de considérer que beaucoup de malheurs sur cette terre ne nous concernent pas ? A-t-on le droit d’être indifférent, ce sera la question de cette nouvelle soirée.
Articles
Vous avez déjà beaucoup de problèmes. Et en plus, il faut s’occuper des problèmes des autres, parce que les autres ont des soucis terrifiants et que parfois le malheur des autres réussit à nous faire souffrir nous-mêmes. Est-ce une forme de générosité heureuse ou est-ce le signe que nous sommes englobés par tout le malheur du monde ? Faut-il apprendre la compassion, la pitié ? Faut-il être capable de sympathie envers celui qui souffre autour de nous, ou est-il nécessaire de cultiver une saine et sage indifférence pour simplement survivre ? Le malheur des autres est-il vraiment un problème ?
Discours sur les sciences et les arts
« Voici une des grandes et belles questions qui aient jamais été agitées. Il ne s’agit point dans ce discours de ces subtilités métaphysiques qui ont gagné toutes les parties de la littérature, et dont les programmes d’académie ne sont pas toujours exempts ; mais il s’agit d’une de ces vérités qui tiennent au bonheur du genre humain.
Je prévois qu’on me pardonnera difficilement le parti que j’ai osé prendre. Heurtant de front tout ce qui fait aujourd’hui l’admiration des hommes, je ne puis m’attendre qu’à un blâme universel ; et ce n’est pas pour avoir été honoré de l’approbation de quelques sages, que je dois compter sur celle du public : aussi mon parti est-il pris ; je ne me soucie de plaire ni aux beaux esprits ni aux gens à la mode. Il y aura dans tous les temps des hommes faits pour être subjugués par les opinions de leur siècle, de leur pays, et de leur société. Tel fait aujourd’hui l’esprit fort et le philosophe, qui, par la même raison, n’eût été qu’un fanatique du temps de la ligue. Il ne faut point écrire pour de tels lecteurs, quand on veut vivre au-delà de son siècle.
Un mot encore, et je finis. Comptant peu sur l’honneur que j’ai reçu, j’avais, depuis l’envoi, refondu et augmenté ce discours, au point d’en faire, en quelque manière, un autre ouvrage. Aujourd’hui, je me suis cru obligé de le rétablir dans l’état où il a été couronné. J’y ai seulement jeté quelques notes, et laissé deux additions faciles à reconnaître, et que l’Académie n’aurait peut-être pas approuvées. J’ai pensé que l’équité, le respect, et la reconnaissance, exigeaient de moi cet avertissement. »
Il semble bien que l’Etat se définisse comme l’institution à qui, par principe, tout est permis, puisqu’il lui revient de dire le droit. S’engager dans un conflit, prélever le bien privé, user de la menace et de la coercition : tout ce qui est interdit aux particuliers, l’Etat revendique la possibilité de s’y livrer en toute légitimité. Cela signifie-t-il que les citoyens que nous sommes aient le devoir de lui obéir en tout ? Quel pourrait être le critère d’une désobéissance légitime au pouvoir politique ? Existe-t-il une autre loi que la loi de l’Etat ? Lire la suite



