Vous n’avez donc pas fait grève, vous êtes venus travailler et j’espère que vous ne ressortirez pas d’ici trop fatigués. C’est de fait la fatigue qui va faire l’objet de notre réflexion d’aujourd’hui dans ce mois de décembre déjà trop long, dans ce froid déjà trop pesant, à cette époque singulière où le temps de travail se fait pesant et où les vacances se font encore trop lointaines… A-t-on le droit d’être fatigué ? Dans l’époque à laquelle nous vivons, cette question se pose en effet : beaucoup d’entre vous ne se sentent peut-être pas ce droit de se reconnaître fragile face au travail qu’ils ont à faire, face aux multiples soucis de la vie. A-t-on le droit d’avouer qu’on est limité, parfois fragile, incapable de tout assumer ? A-t-on le droit d’avouer sa fatigue ?
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Est-ce que quelque chose se passe dans ce monde où tout semble passer sans que rien n’avance vraiment ? De fait, nous sommes des êtres de temps et nous sommes marqués par ce temps qui passe mais qui passe bien souvent en donnant l’impression désespérante et déprimante de faire du surplace. Tout se passe comme si, malgré nos bonnes résolutions et notre désir d’être en marche, nous revenions toujours à cet ancien monde que nous espérions quitter. Un progrès est-il possible ? Peut-on vraiment espérer que les choses s’améliorent un jour et peut-être même qu’elles aillent vers une sorte de fin de l’histoire, vers un but de notre vie collective, de notre vie politique, vers cette utopie à laquelle nous aspirons, vers cette paix universelle et définitive, vers le bonheur enfin partagé, vers la justice enfin réalisée ? Faut-il encore croire au progrès ou faut-il se résigner ? Y a-t-il un progrès dans l’histoire ?

