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Devons-nous croire à nos rêves ou nous accommoder du réel ? Parce que nous sommes philosophes, nous sommes souvent idéalistes et nous espérons voir le monde meilleur qu’il ne l’est en vérité. Faut-il espérer qu’il s’améliore ou faut-il y renoncer une bonne fois pour toutes ? Faut-il espérer le changer ou faut-il le prendre comme nous le voyons ? Ce monde traversé de tant de violence est-il améliorable ou faut-il construire nos vies pour nous protéger de cette violence définitive ? Bref, entre l’espoir et la résignation, peut-on rêver d’un monde sans violence ? Lire la suite
Les vacances arrivent déjà. Nous allons bientôt partir – partir où ? Partir quelque part. En voyage. Pour nous changer les idées. Mais que gagnerons-nous à être ailleurs, si rien ne change par ailleurs ? Quel est l’intérêt de ces kilomètres franchis si rien ne se transforme avec eux ? Quelle curieuse énergie nous pousse à courir sans cesse pour aller loin, vers l’inconnu – pourtant déjà si bien connu ? Qu’allons nous vraiment y chercher ? A quoi servent les voyages ?
Nos vies sont faites de désirs, de nos plus grandes aspirations aux petits caprices du moment : le monde est pour nous, à chaque instant, un espace polarisé par la tension du désir. Nous sommes en quête, en recherche de ce qui viendra satisfaire les manques et les frustrations qui marquent encore notre vie, de ce qui pourra accomplir nos projets et combler nos envies. Mais voilà, un désir en suivant un autre, nous ne sommes jamais comblés : éternels insatisfaits, est-ce un signe de déraison que nous ne parvenions jamais à apaiser nos désirs ? Et qu’est-ce qui, finalement, pourrait enfin nous apaiser ? Derrière tous ces désirs qui se suivent, derrière nos motivations successives, dans tous nos projets et nos plans, derrière toute l’énergie dépensée dans tant d’activités, tant de défis, tant d’engagements, savons-nous tout simplement, en fait, ce que nous cherchons ? Jamais nous ne cessons de désirer ; mais que désirons-nous vraiment ?
Il est des moments dans l’existence, des moments d’épreuve, de souffrance, que l’on préfèrerait oublier pour pouvoir refaire sa vie – pour recommencer à zéro, pour se défaire d’un échec, pour tourner la page d’une colère, sortir du cycle de la défiance et rompre ainsi la solitude. Il y a des moments où le passé devient un passif ; ne faudrait-il pas l’oublier pour construire vraiment l’avenir ? Et en même temps, comment oublier ? Et surtout, comment construire, si l’on ne garde rien du passé qui puisse fonder nos projets, former nos choix, et simplement dire qui nous sommes ? Oublier, n’est-ce pas le projet déprimé de celui qui préfère perdre conscience, abandonner plutôt que de reconstruire ? Tous fragiles, tous confrontés aux blessures qui traversent chacune de nos vies, nous pouvons lutter pour en conserver les leçons par l’effort du souvenir, ou préférer l’anesthésie… Faut-il oublier le passé pour construire l’avenir ?




