« La nuit porte conseil », mais, plus encore, la nuit est le lieu de l’abandon. En effet, le dormeur s’en remet tout entier à ceux qui protègent son sommeil. C’est ainsi que, comme le disait Alain, « nos institutions sont plutôt filles de nuit que filles de faim, de soif, ou d’amour ».
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Même si la philosophie vise à éveiller nos esprits, le sommeil y possède une place particulière. Plutôt que d’opposer sommeil et travail, efforçons-nous de trouver une juste mesure pour les réconcilier afin d’être pleinement disponibles pour « faire œuvre d’homme » comme le disait Marc Aurèle.
Vous n’avez donc pas fait grève, vous êtes venus travailler et j’espère que vous ne ressortirez pas d’ici trop fatigués. C’est de fait la fatigue qui va faire l’objet de notre réflexion d’aujourd’hui dans ce mois de décembre déjà trop long, dans ce froid déjà trop pesant, à cette époque singulière où le temps de travail se fait pesant et où les vacances se font encore trop lointaines… A-t-on le droit d’être fatigué ? Dans l’époque à laquelle nous vivons, cette question se pose en effet : beaucoup d’entre vous ne se sentent peut-être pas ce droit de se reconnaître fragile face au travail qu’ils ont à faire, face aux multiples soucis de la vie. A-t-on le droit d’avouer qu’on est limité, parfois fragile, incapable de tout assumer ? A-t-on le droit d’avouer sa fatigue ?

