Nous aimons contempler la beauté mais nous savons quand nous la découvrons qu’elle ne durera pas pour toujours. L’éphémère est peut-être le propre de ce qui est beau et de ce qui se laisse admirer ou vivre. Mais combien de temps durera cette beauté ?
La beauté peut-elle mourir ? Ce sera la question de cette soirée …
C’est le début d’une nouvelle année… Elle sera pleine d’aventures, de surprises, d’inconnu, mais elle sera aussi pleine de moments de monotonie, de répétitions, de lassitude, d’ennui. Faut-il se révolter lorsque l’ennui vient nous toucher ? Est-ce là un accident de l’existence ou est-ce la condition de l’existence ? Est-ce une sorte de réveil obligé qui nous dit qu’il faut sortir d’une torpeur dans laquelle la vie nous conduit à nous enliser, ou faut-il reconnaitre que la condition humaine est marquée par la banalité, la trivialité, la répétition, par tout ce qui ennuie et ne peut qu’ennuyer ? Faut-il se résigner ? Faut-il accepter de s’ennuyer ?
Nous avons cherché à connaître la vérité, et pour cela, nous nous sommes tournés vers les choses qui sont, de manière à faire en sorte que notre esprit s’ajuste à la réalité. Nous avons cherché ce qui existe : ne serait-il pas utile aussi de connaître ce qui n’est pas. Il y a là comme un jeu d’esprit, comme un paradoxe, mais ce paradoxe n’est-il pas plus sérieux qu’il n’y paraît ? De fait, nos vies sont remplies de réalités consistantes, et peut-être aussi d’illusions, de fictions, d’apparences, de choses auxquelles on ne saurait conférer sérieusement une existence. Nous allons croiser ce qui manque de réalité. Qu’est-ce qui n’existe pas ?
Que vaut vraiment une existence ? Sommes-nous la somme de nos actions et y a-t-il quelque chose dans nos vies qui soit meilleur que ce que nous sommes capables d’en faire ? Y a-t-il une valeur intrinsèque de ces vies que nous menons sans savoir où elles nous mènent ? Il nous arrive parfois, sans doute, dans les moments d’épreuve, de découragement, de douter que la vie ait une véritable valeur. Pourtant, nous le savons bien : être vivant est, en soi, ce à quoi nous tenons tous ! La vie a-t-elle une valeur essentielle qui doit être préservé ? Faut-il au contraire, lui donner de la valeur, en en faisant quelque chose qui lui donne un sens authentique ? Que vaut une vie ?
Bien des débats politiques et sociaux tournent aujourd’hui autour de la question de l’environnement – de cette planète qui nous inquiète et dont l’avenir, bien sûr, nous concerne. Cet avenir concerne avec nous tous les humains vivant aujourd’hui, et demain. Il matérialise pour la première fois un lien concret et immédiat, un intérêt commun à toute l’humanité. Mais faut-il s’arrêter là ? Dans notre préoccupation commune, n’est-il pas temps d’inclure d’autres sujets de droit ? Victimes collatérales de nos projets irraisonnés, des êtres que nous disons pourtant dénués de raison vivront avec nous notre sort, et subissent déjà plus que nous, par l’extinction d’espèces entières, les conséquences de nos folies. Les animaux ne doivent-ils pas enfin être reconnus eux aussi ? Ne sommes-nous pas plus bêtes qu’eux ? L’homme est-il un animal comme les autres ?