C’est le début d’une nouvelle année, et nous nous demandons tous avec un mélange d’angoisse et d’espoir, qui ne veut pas s’avouer, comment elle pourrait bien finir. La réponse existe-t-elle vraiment ? Y a-t-il quelque chose qui pourrait permettre de lire dans les indices du présent à quoi ressemblera la suite de l’histoire ? À quoi ressemblera l’avenir de cette année ? L’avenir est-il déjà contenu dans ce que nous savons être notre passé ? Faut-il croire que tout est déjà prêt à se déployer ? L’histoire est-elle écrite d’avance ?
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Pourquoi est-il si compliqué d’être simple ? Après avoir croisé les grandes questions de la politique et les questions non moins négligeable de la métaphysique, nous entrons peut-être dans ce qu’il y a de plus complexe, de plus difficile, de plus subtile, nous entrons dans l’exploration de la psychologie humaine. Pourquoi est-il si compliqué de devenir vraiment soi-même, de ne faire qu’un avec soi-même ? Pourquoi sommes-nous perpétuellement comme divisés, comme séparés de nous mêmes, en train d’agir et de nous regarder agir, séparés de notre propre condition au point que nous n’arrivons pas à faire un avec nous-mêmes ? Pourquoi est-il si compliqué d’être simple ?
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Tout ce qui est autour de nous semble devoir disparaitre. Tout apparait et tout passe, tout change sans cesse. Nous sommes confrontés dans notre recherche de la vérité à ce flux permanent de la réalité, à tout ce qui ne cesse de bouger autour de nous. Et tout ce qui bouge autour de nous semble nous dire que notre regard sur le monde est condamné à l’illusion. Faut-il croire que quelque chose tient ? Faut-il tenir à quelque chose auquel nous pourrons tenir ? Faut-il au contraire renoncer et épouser le flux des choses ? Est-ce que tout passe ?
Le siècle qui commence s’ouvre sous le signe de la révolution numérique : il n’est rien dans le réel, rien dans nos vies qui échappe à la numérisation. Tout se mesure dans nos existences, notre temps, nos déplacements, nos performances professionnelles ou sportives, notre réseau social, notre capital santé, notre indice de bonheur… Même l’amour semble réductible aux algorithmes des applications numériques qui sont devenues les réponses technologiques à nos problèmes de cœur. Le règne de la mesure absorbe tout pour tout rendre commensurable, échangeable, interchangeable ; si tout est chiffrable, il n’est rien qui ne puisse être absorbé par le marché. Mais ne reste-t-il pas dans nos vies quelque chose d’indéchiffrable, de mystérieux ? Quelque chose de singulier ? N’est-il pas temps de défendre un monde où subsistent des choses et des êtres qui soient uniques, absolument, infiniment – et qui échappent ainsi à toute commune mesure ?
Dans le débat contemporain, parler de la vérité est déjà en soi suspect – comme si la vérité était un absolu… Ne serait-elle pas plutôt une question de point de vue, de perspective, de sensibilité ou de convictions ? Mais si chacun a sa vérité, il semble que le mot soit vide de sens – que les mots tout entiers aient perdu tout sens ; car de quelle vérité parlons-nous, quand chacun a la sienne pour soi ? Faut-il renoncer à la vérité, dans le règne des opinions ? Ou faut-il renoncer à parler, si la vérité dépasse tout ce que nous pouvons en dire ? Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement la possibilité de la philosophie, comme recherche de la vérité ; c’est la possibilité de toute connaissance.
Car connaître, c’est bien, semble-t-il, proposer du monde une description vraie, absolument et universellement, et donc une idée qui, parce qu’elle est juste, puisse être partagée par celui qui l’énonce. Ce qui est en jeu, finalement, c’est le sens même du dialogue, du débat, de la parole, de ce lien faits de mots qui nous rattache aux autres dans une commune société. La vérité dépend-elle de nous ?





