J’ai tout à vous dire, je n’ai rien à vous cacher… Vous êtes peut-être venus ici avec des amis, avec des proches, des connaissances, des frères et sœurs, des parents, des gens à qui vous avez beaucoup parlé, mais leur avez-vous tout dit ? Et je vous vois y penser, cachés derrière vos masques ! Que n’avez-vous pas raconté ? N’y a-t-il pas dans chacune de nos vies, des histoires dissimulées, dans chacune de nos vies intérieures, des épreuves passées sous silence ? Qu’avez-vous à cacher ?
Lire la suite
Articles
Nos montres et nos horloges opèrent une spatialisation du temps dont nous devons nous affranchir pour reprendre conscience de la continuité et de l’épaisseur du temps. Pour dépasser la vision d’un temps discontinu et entrer dans la véritable “durée”, Bergson nous invite à la contemplation.
Généalogie de la morale, Avant-Propos
« Nous ne nous connaissons pas nous-mêmes, nous les hommes de la connaissance ; et nous sommes inconnus à nous-mêmes. Et il y a une bonne raison pour cela : nous ne nous sommes jamais cherchés — pourquoi alors faudrait-il qu’un jour nous nous trouvions ? C’est à juste titre qu’on a dit : « Là où est votre trésor, là aussi est votre cœur » ; notre trésor à nous est là où se tiennent les ruches de notre connaissance. Nous sommes sans cesse à sa poursuite, nous, animaux ailés et butineurs nés de l’esprit, et notre cœur ne se soucie véritablement que d’une seule chose — « rapporter » quelque chose. En-dehors de cela, pour ce qui concerne la vie et ce qu’on appelle les « expériences » vécues — qui a pour celles-ci encore assez de sérieux ? Qui a encore assez de temps pour s’en préoccuper ? Pour de telles affaires, je le crains, nous ne sommes jamais vraiment « à notre affaire » : nous n’y prêtons justement pas le cœur — ni même l’oreille ! Pareils plutôt à un homme divinement distrait, absorbé en lui-même, à qui l’horloge vient de faire résonner avec violence aux oreilles ses douze coups de midi, et qui s’éveille en sursaut et se demande : « Quelle heure vient donc de sonner ? », nous nous frottons parfois nous aussi les oreilles après coup et nous nous demandons, tout étonnés et confus : « Que nous est-il donc arrivé ? Qu’avons-nous donc réellement vécu ? » Mieux encore : « Qui sommes-nous en réalité ? » Et nous recomptons, après coup, je le répète, chacun des douze coups vibrants de notre expérience, de notre vie, de notre être — sans compter juste, hélas !… Nous demeurons nécessairement étrangers à nous-mêmes, nous ne nous comprenons pas, nous ne pouvons pas éviter de nous confondre avec d’autres, pour nous vaut de toute éternité cette loi : « Chacun est pour soi-même le plus étranger », — nous ne sommes pas pour nous-mêmes des « hommes de la connaissance » … »
Pourquoi est-il si compliqué d’être simple ? Après avoir croisé les grandes questions de la politique et les questions non moins négligeable de la métaphysique, nous entrons peut-être dans ce qu’il y a de plus complexe, de plus difficile, de plus subtile, nous entrons dans l’exploration de la psychologie humaine. Pourquoi est-il si compliqué de devenir vraiment soi-même, de ne faire qu’un avec soi-même ? Pourquoi sommes-nous perpétuellement comme divisés, comme séparés de nous mêmes, en train d’agir et de nous regarder agir, séparés de notre propre condition au point que nous n’arrivons pas à faire un avec nous-mêmes ? Pourquoi est-il si compliqué d’être simple ?
Lire la suite
Lorsque vient le moment d’obéir, il semble évident que nous ne sommes plus tout à fait libres. Quelle que soit l’autorité qui m’impose son ordre, elle me commande en effet d’abdiquer ma volonté propre pour plier mon comportement au commandement qu’elle me présente. Au nom de quoi, alors, est-il raisonnable de renoncer à sa liberté ? L’obligation est-elle pure contrainte, et l’obéissance pure soumission ? Réfléchir sur l’acte d’obéir, c’est redécouvrir que la reconnaissance de la loi est peut-être d’abord un effet de ma liberté, et même un fondement sur laquelle l’établir. Lire la suite




