C’est le début d’une nouvelle année, et nous nous demandons tous avec un mélange d’angoisse et d’espoir, qui ne veut pas s’avouer, comment elle pourrait bien finir. La réponse existe-t-elle vraiment ? Y a-t-il quelque chose qui pourrait permettre de lire dans les indices du présent à quoi ressemblera la suite de l’histoire ? À quoi ressemblera l’avenir de cette année ? L’avenir est-il déjà contenu dans ce que nous savons être notre passé ? Faut-il croire que tout est déjà prêt à se déployer ? L’histoire est-elle écrite d’avance ?
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Nos montres et nos horloges opèrent une spatialisation du temps dont nous devons nous affranchir pour reprendre conscience de la continuité et de l’épaisseur du temps. Pour dépasser la vision d’un temps discontinu et entrer dans la véritable “durée”, Bergson nous invite à la contemplation.
La question de la mémoire est centrale dans nos vies pour pouvoir nous définir et nous projeter dans l’avenir.
Tout ce qui est autour de nous semble devoir disparaitre. Tout apparait et tout passe, tout change sans cesse. Nous sommes confrontés dans notre recherche de la vérité à ce flux permanent de la réalité, à tout ce qui ne cesse de bouger autour de nous. Et tout ce qui bouge autour de nous semble nous dire que notre regard sur le monde est condamné à l’illusion. Faut-il croire que quelque chose tient ? Faut-il tenir à quelque chose auquel nous pourrons tenir ? Faut-il au contraire renoncer et épouser le flux des choses ? Est-ce que tout passe ?
Peut-on retrouver le temps ? C’est la grande question de nos vies. La grande question de chacune de nos vies, car nous partageons certainement le même sentiment frustrant de toujours manquer de temps. Nous avons le sentiment de manquer de temps pour les choses que nous avons à faire, sans même parler des choses que nous aimerions pouvoir faire. Et de fait, dans ce manque, il ne s’agit pas de quelque chose de superflu. Si nous manquons de temps, c’est que nos vies elles-mêmes nous manquent, car nos vies sont faites de temps. Avoir le sentiment de manquer toujours de temps et finir sa vie dans une frustration absolue, ce serait avoir le sentiment que nos vies nous ont manqué d’une certaine manière. Alors, pouvons nous espérer gagner une bataille dans ce combat qui semble perdu d’avance ? Pouvons-nous retrouver le temps et si oui, comment y parviendrons-nous ?
Il ne passe pas une semaine, une journée, une minute, sans que nous ne soyons changés – et tout l’univers avec nous. Si nous ne ressentons pas ce changement, ce n’est pas parce qu’il n’a pas lieu, mais parce que nous ne le voyons pas… La science, comme l’expérience qui prend un peu de distance, nous révèlent que rien n’est stable, figé, fixé. Ne faut-il pas s’en réjouir ? Seule la fin est définitive, seule la mort empêche d’évoluer. Après tout, la vie est évolution, transformation permanente ; peut-être faut-il se couler dans son dynamisme, accepter de s’adapter sans cesse, se passionner pour la réforme, refuser l’immobilisme… Et pourtant, changer, n’est-ce pas aussi durer ? Que signifierait la rupture permanente, une nouveauté remplaçant l’autre ? Nous changeons, bien sûr ; mais n’y a-t-il pas en nous, comme en tout être, dans le temps qui nous saisit, quelque chose qui demeure, qui reste et qui résiste ?





