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Y a-t-il quelque chose de nouveau depuis que nous nous sommes quittés ? Le monde a-t-il vraiment changé ? Si quelque chose a changé, c’est que quelque chose est intervenu, qui a créé ce que nous ne connaissions pas encore, ce que personne n’avait vu, ce qui n’était pas observé. Est-il vraiment possible de créer, et si créer est une expérience accessible à l’intelligence, alors en quoi consiste le pouvoir d’être créateur, le fait de pouvoir inventer ? Qu’est-ce que créer ?
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Plotin, Ennéades, I
« Puis il faut voir l’âme de ceux qui accomplissent de belles œuvres. Comment peut-on voir cette beauté du bien dans l’âme ? Reviens en toi- même, et regarde : si tu ne vois pas encore la beauté en toi, fais comme le sculpteur d’une statue qui doit devenir belle ; il enlève, il gratte, il polit, il essuie jusqu’à ce qu’il fasse apparaître un beau visage dans le marbre ; comme lui, enlève tout ce qui est superflu, redresse ce qui est tortueux, nettoie ce qui est sombre pour le rendre brillant, et ne cesse pas de sculpter ta propre statue, jusqu’à ce que resplendisse pour toi la divine splendeur de la vertu, jusqu’à ce que tu voies la Sagesse debout sur un trône sacré. Es-tu devenu cela ? Est-ce que tu vois cela ? Es-tu devenu simple, sans aucun obstacle à ton unification, sans que rien d’autre soit mélangé intérieurement avec toi-même ? Es-tu tout entier une vraie lumière, non pas une lumière d’une certaine dimension ou forme qui peut diminuer ou augmenter de grandeur – mais une lumière absolument sans mesure, parce qu’elle est supérieure à toute mesure et à toute quantité ? Te vois-tu devenu cela ? Alors tu es devenu une vision ; aie confiance en toi ; même en restant ici-bas, tu t’es élevé vers le haut ; et tu n’as plus besoin de guide ; fixe ton regard et vois. Car c’est le seul œil qui voit la grande beauté. Et si cet oeil arrive jusqu’à cette contemplation alors qu’il est trouble à cause des vices, impur ou faible, n’étant pas du tout capable, à cause de sa lâcheté, de voir les splendeurs, il ne verra rien, pas même si un autre lui montre ce qui est là et qui peut être vu. Celui qui voit, en effet, doit s’être rendu semblable à ce qui est vu, pour parvenir à la contemplation. Assurément, jamais l’oeil ne verrait le soleil sans être parent de la lumière, devenu de la même nature que le soleil, et l’âme ne pourrait voir le beau, sans être devenue belle. »
Parties des animaux
“Toutes les études ont leur attrait. Lorsque nous contemplons les êtres éternels, les pauvres connaissances que nous en atteignons nous apportent cependant, en raison de l’excellence de cette contemplation, plus de joie que toutes les choses qui nous entourent, tout juste comme un coup d’œil fugitif et partiel sur des personnes aimées nous donne plus de joie que la connaissance exacte de beaucoup d’autres choses, si considérables qu’elles soient. Mais, d’un autre côté, pour l’exactitude et l’étendue de la connaissance, la science des choses terrestres a l’avantage. Parce que ces choses sont tout près de nous, elles sont familières, et cette dernière étude devient presque la rivale de la philosophie des choses divines.”
Il n’y a pas que la violence que les hommes s’infligent entre eux : les hommes, nous le savons, sont capables de lutter contre la nature elle-même, pour en repousser les limites, et pour inventer leur destin. C’est cela qu’on appelle la technique. Par le travail, par la pensée, nous transformons le monde qui nous est donné ; et dans l’ivresse du pouvoir nouveau que nous donne aujourd’hui le progrès des sciences, nous avions projeté d’imposer à la nature un monde selon nos besoins, pour que l’humain devienne pleinement « la mesure de toutes choses. » Mais voilà, la nature ne se laisse pas faire… Avons-nous eu tort de croire que nous étions les plus forts ? Faut-il retrouver le sens d’une sagesse qui s’accorde avec le réel – ou bien pousser plus loin la lutte encore, imposer notre liberté ? Nos désirs font-ils de nous des vivants contre nature ? La technique est-elle vraiment une victoire contre la nature ?
“Ils peuvent bien me tuer ; mais ils ne peuvent pas me nuire.” (Socrate, cité par Epictète, Manuel)
Programme exceptionnellement modifié : à la suite des attentats du vendredi 13 novembre 2015, les Soirées de la Philo se penchent sur la question de la violence.






