Ils sont partout dans nos vies. Peut-être venez-vous de quitter celui qui fait fonction pour vous d’empêcheur de vivre en rond… Celui qui, tous les jours sur votre dos, représente l’autorité, les consignes, les contraintes, le contrôle du quotidien.
Ils sont partout et pourtant il nous arrive souvent de nous demander à quoi ils servent. Nous avons du mal à les supporter, mais faut-il décider de faire la révolution ?
Nous avons tous quelque part, dans nos vies, dans notre quotidien, un N+1.
Il y a, à la tête de toute communauté humaine, que ce soit l’État, ou la plus petite société, de la plus grande association, de la plus simple équipe de sport, il y a partout un capitaine, un commandant, un général, un chef… Comment trouver à ses chefs une raison d’exister ? Faut-il d’ailleurs essayer de les sauver de ce qui ressemble parfois à une forme d’absurdité ? Pourquoi y a-t-il des chefs ?
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La politique nous a résisté. Nous avions fini la dernière soirée en entrant dans la modernité, et bientôt nous aborderons les rives de la démocratie. Tentons ensemble de finir d’apporter une réponse à la question : « qui doit gouverner ? ».
Dans nos histoires d’enfant, le monde était tellement simple. A la fin, les gentils gagnaient et les méchants échouaient toujours ! Dans notre vie d’adulte, le monde est plus compliqué. Et il arrive si souvent que les gentils finissent par perdre et que les méchants l’emportent… Comment faire en sorte de construire un monde qui soit moins injuste, moins arbitraire ? Peut-on même espérer un monde qui se délivre définitivement de l’expérience de l’injustice ? Nous le savons bien, l’homme est faillible et il le restera toujours. Il ne s’agit pas ici de nous demander si le mal peut être évité, mais seulement si cette forme particulière du mal, qui consiste à faire en sorte qu’à la fin, le mal l’emporte, pourrait nous être épargné. L’injustice peut-elle être vaincue ? La politique doit-elle se fixer ce but ? L’injustice est-elle inévitable ?
Au gré des contingences politiques, des alternances électorales, des situations historiques, l’Etat change de cap, de règles et de motifs. Et pourtant demeure, comme une propriété essentielle, la réalité du pouvoir : l’Etat dispose de la puissance publique, il est la puissance publique. Voilà qui devrait nous inquiéter : cette puissance qui passe de mains en mains, qui peut la contrôler ? Est-elle limitée, arrêtée, bridée ? Y a-t-il des règles qui s’imposent à elle, et qu’elle ne puisse jamais dépasser ? Il semble que ce soit nécessaire ; mais il semble aussi, malheureusement, que ce soit pourtant impossible. Car si l’Etat est le pouvoir, qui est au-dessus du pouvoir ? Ce qui est en jeu ici, c’est la nature même du pouvoir, l’origine de la puissance publique. L’Etat semble n’obéir à personne ; alors, l’Etat peut-il tout ?



