Le désir est la grande affaire de nos vies. Sans doute le grand tourment aussi, car tant d’objets de nos espoirs résistent à notre attente. Nous désirons, nous passons notre vie animés de grands désirs, de désirs lointains, de désirs prochains, de désirs concrets, de désirs plus idéaux. Ces désirs font ce qui fait l’élan de nos existences. Et pourtant bien souvent leur répond une sorte de vide, d’absence. Faut-il décider d’arrêter de souffrir ? Se défaire de la souffrance et, pour cela, arrêter de désirer ? Faut-il ne plus être esclave de nos passions, de nos envies, de nos souhaits ? Peut-on se libérer du désir ?
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C’est le début d’une nouvelle année, et nous nous demandons tous avec un mélange d’angoisse et d’espoir, qui ne veut pas s’avouer, comment elle pourrait bien finir. La réponse existe-t-elle vraiment ? Y a-t-il quelque chose qui pourrait permettre de lire dans les indices du présent à quoi ressemblera la suite de l’histoire ? À quoi ressemblera l’avenir de cette année ? L’avenir est-il déjà contenu dans ce que nous savons être notre passé ? Faut-il croire que tout est déjà prêt à se déployer ? L’histoire est-elle écrite d’avance ?
Aujourd’hui nous allons réfléchir sur le miracle qui nous réunit à chaque fois que nous nous retrouvons dans ce théâtre, un lieu destiné à la parole, un lieu qui célèbre à sa manière le pouvoir des mots. Pouvoir que nous vivons lorsque nous échangeons ensemble les idées que nous partageons. Mais d’où vient ce mystérieux pouvoir qui fait que les mots peuvent véhiculer la pensée ? Que les mots peuvent traduire l’intuition, l’émotion, et plus encore, que les mots peuvent agir sur le monde ? D’où vient le pouvoir des mots ?
Objet énigmatique, mystérieux et familier. Objet qui fait partie de nos vies quotidiennes et qui transforme les réalités les plus grandes, objet que nous connaissons bien, que nous fréquentons souvent, et pourtant, peut-être, trop peu… Le livre est un objet qui construit nos existences, qui les habite. Mais peut-être habitons-nous en lui ? Dans la galaxie des ouvrages, dans l’ensemble des textes écrits, imprimés, diffusés partout, le choix est difficile à faire. Nous allons essayer de chercher ensemble comment choisir, comment construire cette bibliothèque intérieure qui pourrait nous rendre plus grand. La philosophie veut-elle nous permettre de rencontrer des auteurs ou au contraire veut-elle nous permettre de nous passer d’eux ? Que lire ?
Nous avons cherché à connaître la vérité, et pour cela, nous nous sommes tournés vers les choses qui sont, de manière à faire en sorte que notre esprit s’ajuste à la réalité. Nous avons cherché ce qui existe : ne serait-il pas utile aussi de connaître ce qui n’est pas. Il y a là comme un jeu d’esprit, comme un paradoxe, mais ce paradoxe n’est-il pas plus sérieux qu’il n’y paraît ? De fait, nos vies sont remplies de réalités consistantes, et peut-être aussi d’illusions, de fictions, d’apparences, de choses auxquelles on ne saurait conférer sérieusement une existence. Nous allons croiser ce qui manque de réalité. Qu’est-ce qui n’existe pas ?
Pour la Saint Valentin, vous inviterez quelqu’un à dîner… et vous êtes sans doute venus chercher des éléments de langage ; ce soir, nous allons parler d’amour ! Parler d’amour parce que l’amour fait partie de ces mystères auxquels se confronte la philosophie. Avec le pauvre travail de l’esprit, nous essayons de deviner le secret caché derrière les comportements humains et, sans doute, aucun d’entre eux n’est aussi impénétrable et difficile à comprendre que le sentiment amoureux. L’expérience de l’amour, le fait même d’aimer au sens large de ce terme, au sens le plus fort du mot, n’ a t-il pas quelque chose d’absolument incompatible avec l’effort de la raison ? Dans tout amour, n’y a t-il pas un risque qui s’apparente à une folie ? Est-il raisonnable d’aimer ?
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Le confinement nous a privés du voyage ; maintenant nous pouvons retrouver la marche, l’itinéraire, l’itinérance, l’errance, la liberté d’aller et venir – qui ne dit pas s’il faut nécessairement aller quelque part… Aller et venir, comme un jeu de balancier.
Platon opposait la philosophie et la poésie, mettant en garde ses contemporains contre cette dernière. Mais est-ce justifié ? N’y a-t-il pas un terrain d’entente possible ? Leur alliance ne pourrait-elle être féconde, pour l’une comme pour l’autre ?
L’homme est un être de langage, et c’est là sa grande fierté – un zoon legomenon : un animal parlant. Seul le langage humain fait sortir l’univers du silence de la matière, pour donner à tout être un nom, et le penser. Seul le langage nous fait aussi sortir de nous-mêmes, pour exprimer au-dehors, et partager avec d’autres, ce que chacun de nous ressent, éprouve, et comprend. Mais dans ce langage même qui fait sa force singulière, l’homme éprouve aussi sa faiblesse. Ne butons-nous pas sur les mots, comme sur un outil bien pauvre, trop imparfait, trop limité pour exprimer notre pensée ? Ne nous arrive-t-il pas souvent, malgré toutes les langues du monde, de rester incompris, et seul ? A la vérité, tout l’orgueil de notre parole n’est peut-être qu’un échec bavard. Les mots pourraient-ils suffire à dire ce que nous vivons ? Le langage nous exprime-t-il vraiment ?








