Articles
Comment bien agir dans ce monde ? Comment trouver la direction qui donnera à nos existences leur sens plein et entier ? Faut-il essayer de trouver des formules qui permettent de savoir qu’être ? Que devons-nous faire et que devons-nous devenir ? À cette question inquiète, la philosophie a longtemps répondu par le mot de la vertu. Ce mot désormais désuet peut-il retrouver son actualité ? Qu’est-ce qu’une vertu ?
Lire la suite
Le spectacle de l’injustice, de la souffrance, des maladies de toutes sortes, des malheurs qui nous accablent, hantent l’actualité. Si bien qu’il peut sembler très superflu de se demander s’il existe vraiment quelque chose comme le mal quand nous avons le sentiment de l’avoir si souvent croisé. Pourtant, le monde que nous voyons est-il à ce point désordonné, scandaleux, immoral ? N’y a-t-il pas quelque chose comme un ordre de la nature, un ordre de ce monde, quelque chose qui ferait que, par une espèce de confiance, nous pourrions croire à la bonté du réel, dont nous avons la chance d’hériter ? Faut-il se résigner à l’injustice qui nous entoure ? Faut-il au contraire croire que tout est bien ? Le mal existe-t-il ?
Pour la Saint Valentin, vous inviterez quelqu’un à dîner… et vous êtes sans doute venus chercher des éléments de langage ; ce soir, nous allons parler d’amour ! Parler d’amour parce que l’amour fait partie de ces mystères auxquels se confronte la philosophie. Avec le pauvre travail de l’esprit, nous essayons de deviner le secret caché derrière les comportements humains et, sans doute, aucun d’entre eux n’est aussi impénétrable et difficile à comprendre que le sentiment amoureux. L’expérience de l’amour, le fait même d’aimer au sens large de ce terme, au sens le plus fort du mot, n’ a t-il pas quelque chose d’absolument incompatible avec l’effort de la raison ? Dans tout amour, n’y a t-il pas un risque qui s’apparente à une folie ? Est-il raisonnable d’aimer ?
Lire la suite
Vous êtes tolérés ici ! Et je suis très heureux de vous retrouver pour parler de cette expérience qui survient lorsque nous sommes en désaccord… Il faut faire quelque chose de nos divergences ; c’est dans ces moments là que se présente à nous la tolérance comme une solution. Trop facile ? Peut-être. Un peu lâche ? Sans doute… Mais elle permet à tout le moins de garantir la paix civile et la concorde sociale. Si nous pouvions nous tolérer, réapprendre à tolérer les opinions divergentes, ne serions-nous pas plus heureux de vivre ensemble et de vivre en paix ? Et pourtant… si la société n’était qu’une affaire de tolérance, nous arriverait-il encore de chercher la vérité à travers les controverses parfois fécondes malgré leurs difficultés qui nous permettent de progresser ? Faut-il tolérer n’importe quoi ? Faut-il fixer des limites à cette vertu et refuser de tolérer l’insupportable, l’inacceptable ? Y a-t-il de l’intolérable ? Y a-t-il des limites à la tolérance ?
Lire la suite
Ce n’est pas comme si nous n’avions pas beaucoup de raisons de nous lamenter. Mais à quoi sert de se lamenter ? De fait, il semble bien que sangloter ne serve à rien et que le fait même de pleurer ne change absolument rien à ce qui nous fait pleurer. Et pourtant nous pleurons. Avouons-le, nous pleurons tous. Cela nous est tous arrivé, à certains peut-être plus qu’à d’autres mais il nous est tous arrivé un jour d’être saisis par les larmes et d’éprouver cette expérience si singulière, si étrange qui consiste à pleurer en sachant très bien que cela ne sert à rien. Faut-il sécher ses larmes ? Faut-il se raviver ou au contraire se raviser et tenter de comprendre ce que veut dire cette expérience étonnante ? Pourquoi pleurer ? Lire la suite
Généalogie de la morale, Avant-Propos
« Nous ne nous connaissons pas nous-mêmes, nous les hommes de la connaissance ; et nous sommes inconnus à nous-mêmes. Et il y a une bonne raison pour cela : nous ne nous sommes jamais cherchés — pourquoi alors faudrait-il qu’un jour nous nous trouvions ? C’est à juste titre qu’on a dit : « Là où est votre trésor, là aussi est votre cœur » ; notre trésor à nous est là où se tiennent les ruches de notre connaissance. Nous sommes sans cesse à sa poursuite, nous, animaux ailés et butineurs nés de l’esprit, et notre cœur ne se soucie véritablement que d’une seule chose — « rapporter » quelque chose. En-dehors de cela, pour ce qui concerne la vie et ce qu’on appelle les « expériences » vécues — qui a pour celles-ci encore assez de sérieux ? Qui a encore assez de temps pour s’en préoccuper ? Pour de telles affaires, je le crains, nous ne sommes jamais vraiment « à notre affaire » : nous n’y prêtons justement pas le cœur — ni même l’oreille ! Pareils plutôt à un homme divinement distrait, absorbé en lui-même, à qui l’horloge vient de faire résonner avec violence aux oreilles ses douze coups de midi, et qui s’éveille en sursaut et se demande : « Quelle heure vient donc de sonner ? », nous nous frottons parfois nous aussi les oreilles après coup et nous nous demandons, tout étonnés et confus : « Que nous est-il donc arrivé ? Qu’avons-nous donc réellement vécu ? » Mieux encore : « Qui sommes-nous en réalité ? » Et nous recomptons, après coup, je le répète, chacun des douze coups vibrants de notre expérience, de notre vie, de notre être — sans compter juste, hélas !… Nous demeurons nécessairement étrangers à nous-mêmes, nous ne nous comprenons pas, nous ne pouvons pas éviter de nous confondre avec d’autres, pour nous vaut de toute éternité cette loi : « Chacun est pour soi-même le plus étranger », — nous ne sommes pas pour nous-mêmes des « hommes de la connaissance » … »
Est-ce une révolte ? Cela semble bien être une révolution. Les gilets jaunes ont mis Paris en ébullition et la France entière s’inquiète : que va-t-il se passer maintenant ? Vous êtes venus ce soir si nombreux, avec ou sans gilet jaune, pour réfléchir à une question : pouvons-nous vraiment espérer qu’un jour la loi soit juste ? Pouvons-nous espérer un état qui administre la justice ? Faut-il croire à cet idéal ou faut-il renoncer à une utopie ? Faut-il espérer construire ensemble un monde où la loi donne à chacun vraiment ce qui lui revient ? Cette question fondamentale se trouve être d’actualité. Mais elle est d’une actualité de toujours, car elle rejoint le problème essentiel de la politique : faut-il attendre du droit qu’il soit juste ?
Tout ce qui est autour de nous semble devoir disparaitre. Tout apparait et tout passe, tout change sans cesse. Nous sommes confrontés dans notre recherche de la vérité à ce flux permanent de la réalité, à tout ce qui ne cesse de bouger autour de nous. Et tout ce qui bouge autour de nous semble nous dire que notre regard sur le monde est condamné à l’illusion. Faut-il croire que quelque chose tient ? Faut-il tenir à quelque chose auquel nous pourrons tenir ? Faut-il au contraire renoncer et épouser le flux des choses ? Est-ce que tout passe ?
Dans nos histoires d’enfant, le monde était tellement simple. A la fin, les gentils gagnaient et les méchants échouaient toujours ! Dans notre vie d’adulte, le monde est plus compliqué. Et il arrive si souvent que les gentils finissent par perdre et que les méchants l’emportent… Comment faire en sorte de construire un monde qui soit moins injuste, moins arbitraire ? Peut-on même espérer un monde qui se délivre définitivement de l’expérience de l’injustice ? Nous le savons bien, l’homme est faillible et il le restera toujours. Il ne s’agit pas ici de nous demander si le mal peut être évité, mais seulement si cette forme particulière du mal, qui consiste à faire en sorte qu’à la fin, le mal l’emporte, pourrait nous être épargné. L’injustice peut-elle être vaincue ? La politique doit-elle se fixer ce but ? L’injustice est-elle inévitable ?









