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Nous avons tenté de comprendre ensemble comment trouver la vérité mais il nous arrive de ne pas être tous d’accord sur l’endroit où nous la reconnaissons. Lorsqu’un désaccord survient entre nous, une question se présente alors : comment savoir où se trouve l’esprit le plus éclairé, la compréhension la plus fine de ce qu’il y a à connaître ? Comment savoir comment trancher nos inévitables disputes, nos longues polémiques, nos débats interminables, nos incertitudes partagées ? Comment résoudre nos conflits, nos désaccords, nos divergences ? Comment savoir où se trouve la vérité lorsque deux prétendent qu’ils ont pu la découvrir ? Comment savoir qui a raison ?
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Nous nous sommes demandé ce que nous cherchions. Encore faut-il avoir une chance de pouvoir le trouver ! Et si nous cherchons la vérité, encore faut-il se demander si nous pouvons la connaître, si nous avons une chance de la rejoindre un jour, de la reconnaître, de savoir où elle se trouve, et comment nous pourrons la comprendre. C’est la raison pour laquelle avant même de rentrer plus avant dans l’aventure de la philosophie, encore faut-il examiner ce dont nous sommes vraiment capables. Sommes-nous capables de comprendre ce monde qui nous entoure, ce monde mystérieux et déconcertant. Y a-t-il quelque chose dont nous puissions être sûrs un jour, quelque chose que nous puissions avoir la certitude de savoir ? Que puis-je savoir ?
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Nous sommes tous raisonnables, et pourtant nous aimons bien nous raconter des histoires, nous aimons nous bercer d’illusions, nous aimons nous laisser enchanter par des contes, des légendes, des mythes. Et ce sont même peut-être ces mythes qui gouvernent plus nos vies que notre stricte logique. Nous aurions tendance à penser que nous nous décidons suivant des règles rationnelles, et il semble pourtant que lorsque nous nous y penchons de plus près, nous sommes encore des êtres mythiques. Avons-nous besoin de mythes ?
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Pierre Abélard, Sic et non
« L’homme bon sort des choses bonnes du bon trésor de son coeur. » Tout cela étant dit, j’entends bien, comme je l’ai décidé rassembler les divers écrits des saints Pères au fur et à mesure qu’ils me viendront à la mémoire. Certains textes qui apparaissent de prime abord dissonants susciteront des questions. Ils obligeront les lecteurs novices à un exercice de recherche de la vérité et les conduiront à plus d’acuité dans leur enquête. En vérité, la clé primordiale de la sagesse c’est de se poser des questions assidûment et fréquemment. S’emparer de cette clé doit être le souhait ardent des étudiants. Aristote, le plus perspicace des philosophes, les exhorte à le faire et, à propos du « prédicament de relation », il dit ceci : « Il est sans doute difficile de trouver une solution à ces problèmes si on ne les a pas, à plusieurs reprises, examinés. Douter de chaque point particulier n’est pas inutile. » En effet, en doutant nous venons à chercher et en cherchant nous percevons la vérité. C’est aussi ce que dit la Vérité elle-même : « Cherchez, dit-elle, et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira…» »
Le Poème, Parménide
« Enfant, qu’accompagnent d’immortelles conductrices,
Enfant, que tes cavales ont amené dans ma demeure,
sois le bienvenu; ce n’est pas une mauvaise destinée qui t’a conduit
sur cette route éloignée du sentier des hommes;
c’est le droit et la justice. Il faut que tu apprennes toutes choses,
et le cœur fidèle de la vérité qui s’impose,
et les opinions humaines qui sont en dehors de la vraie certitude.
Mais toutefois tu apprendras encore ceci :
Comment il faudrait que les apparences soient réellement,
traversant toutes choses dans leur totalité.
II.
Allons, je vais te dire et toi prête l’oreille à ma parole et garde-la bien en toi :
quelles sont les seules voies de recherche, les seules que l’intelligence puisse concevoir ;
l’une, que l’être est, que le non-être n’est pas,
chemin de la certitude, qui accompagne la vérité;
l’autre, que l’être n’est pas, et que le non-être est forcément,
route où je te le dis, tu ne dois aucunement te laisser entrainer.
Tu ne peux avoir connaissance de ce qui n’est pas, tu ne peux le saisir ni l’exprimer.
Car la pensée et l’être sont une seule et même chose. »
Comment prendre les bonnes décisions ? Comment faire les bons choix ? Comment orienter sa vie ? Il y a en nous bien sûr une capacité de jugement, une instance de discernement que l’on appelle la raison. Mais faudrait-il n’écouter que la raison ? N’y a-t-il pas en nous un peu de place pour le désir, pour la passion, pour la folie même pourquoi pas ? Y aurait-il quelque chose de sage à ne pas être seulement raisonnable ? Y aurait-il quelque chose de fou à rester toujours rationnel ? Est-il raisonnable d’être toujours raisonnable ?
Existe-t-il une vérité ? Cette question est un préalable absolu à notre exploration future parce que, si la philosophie consiste à chercher la vérité, ce serait une activité absurde si elle manque tout simplement d’objet. Existe-t- il une vérité ? C’est à cette question difficile que nous allons faire face ce soir. Difficile parce que déjà contradictoire avec bien des tendances de l’esprit du temps, difficile mais nécessaire. Et je vous propose d’entrer ensemble en cette nouvelle année : existe-t-il une vérité ? Lire la suite
Il semble que la réflexion soit nécessairement un exercice solitaire : penser vraiment, c’est penser par soi-même, c’est-à-dire penser sans les autres, et même contre les autres. Lorsque nous ne sommes encore que portés par l’opinion commune, prisonniers de ses préjugés et de ses interdits, nous ne sommes pas encore en train de réfléchir. Seul l’effort critique nous libère du poids des conventions sociales, ouvrant la voie à notre réflexion, et nous découvrant du même coup notre solitude… Mais en vérité, avec quoi pouvons-nous penser ? Dans nos intuitions les plus singulières, la part de l’altérité n’est-elle pas indémêlable ?
La vérité fait peur : nous redoutons qu’elle s’impose à nous – une vérité unique, univoque, que nous n’avons pas choisie… Nous redoutons qu’elle soit entre nous une occasion de conflit ; car s’il y a une vérité, ne risquons-nous pas bientôt de faire la guerre en son nom, de l’imposer par la violence ? Bref, la vérité fait peur, au point que nous préférons ordinairement nous contenter d’affirmer que chacun a sa vérité. Mais alors, à quoi sert-il de chercher, au-delà de nous-mêmes, une vérité sur le monde ? A quoi sert-il de se parler ensemble ? A quoi sert-il de philosopher ?









