Nous venons de nous livrer au grand exercice rituel de la vie démocratique : l’élection présidentielle. Nous avons consacré beaucoup de temps et d’énergie à commenter, décider, discerner, dans le choix complexe qui nous était offert, entre les options qui étaient devant nous, et nous avons fini par voter. Mais tout cela a-t-il un sens ? La politique change-t-elle vraiment quelque chose au monde dans lequel nous sommes. La politique a-t-elle la main sur l’histoire du monde et sur l’histoire même de notre propre pays, de nos propres vies. Faut-il regarder la politique comme le lieu où se transforme le destin de nos existences, et de notre existence collective, ou faut-il renoncer à cette idée simpliste et regarder avec compassion ceux qui s’agitent sur la scène publique sans rien maîtriser du tout de ce qu’ils prétendent décider. La politique a -t-elle le pouvoir ?
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Enfin nous pouvons reprendre ! Pour combien de temps ? Nul ne le sait ; nous sommes désormais habitués à l’imprévu. Et pourtant, un air de liberté semble revivre et flotte à nouveau des les rues de la capitale. C’est une grande joie de reprendre ce qui s’était interrompu, de réanimer ce qui semblait s’être arrêté et de redonner du souffle à notre pensée un peu ankylosée. Nous allons pouvoir renaître ensemble à la philosophie… Mais est-il possible de renaître ?
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Épicure, Lettre à Ménécée
« Quand on est jeune il ne faut pas remettre à philosopher, et quand on est vieux il ne faut pas se lasser de philosopher. Car jamais il n’est trop tôt ou trop tard pour travailler à la santé de l’âme. Or celui qui dit que l’heure de philosopher n’est pas encore arrivée ou est passée pour lui, ressemble à un homme qui dirait que l’heure d’être heureux n’est pas encore venue pour lui ou qu’elle n’est plus. Le jeune homme et le vieillard doivent donc philosopher l’un et l’autre, celui-ci pour rajeunir au contact du bien, en se remémorant les jours agréables du passé ; celui-là afin d’être, quoique jeune, tranquille comme un ancien en face de l’avenir. Par conséquent il faut méditer sur les causes qui peuvent produire le bonheur puisque, lorsqu’il est à nous, nous avons tout, et que, quand il nous manque, nous faisons tout pour l’avoir.
Attache-toi donc aux enseignements que je n’ai cessé de te donner et que je vais te répéter ; mets-les en pratique et médite-les, convaincu que ce sont là les principes nécessaires pour bien vivre.
[…]
Médite donc tous ces enseignements et tous ceux qui s’y rattachent, médite-les jour et nuit, à part toi et aussi en commun avec ton semblable. Si tu le fais, jamais tu n’éprouveras le moindre trouble en songe ou éveillé, et tu vivras comme un dieu parmi les hommes. Car un homme qui vit au milieu de biens impérissables ne ressemble en rien à un être mortel. »
Que faisons-nous au juste ici ? Que faites-vous ici ? Ou plus exactement, que faisons-nous dans ce monde qui nous entoure et dont la complexité est prisonnière du sens que nous pouvons lui donner ? Quelle est la nature de ce monde dans lequel nous sommes placés ? Nous n’avons pas choisi de naitre, nous n’avons pas choisi d’être et pourtant nous voilà ici. Quel est le sens de l’univers qui nous entoure, de cet univers potentiellement infini, dont le silence peut nous angoisser parce qu’il ne nous dit rien de lui ? Faut-il lui donner un sens ? Faut-il découvrir son sens ? Ou faut-il reconnaitre enfin que l’univers n’a pas de sens , que rien ne peut s’éclairer de ce silence du monde ? Faut-il d’une certaine manière se résigner à l’absurde ou tenter de percer le mystère ? L’univers a-t-il un sens ?
Nous aimons bien les grandes idées. Nous parlons entre nous des concepts qui suscitent notre intérêt, et parfois nos désaccords : nous parlons de toutes ces choses qui ne sont pas vraiment concrètes, et qui cependant nous passionnent. Le sens de la vie, la liberté du peuple, les droits de l’homme… Voilà quelques exemples parmi une foule d’idées qui peuplent nos esprits. Mais où se trouve tout cela ? Quelle consistance faut-il donner à ces idées abstraites que nous aimons tant évoquer ? Existent-elles réellement ? De quoi parlons-nous, en fait, quand nous évoquons ces concepts ? La science nous montre chaque jour que ce qui est réel doit pouvoir être vérifié par l’expérience, par le toucher, par tous nos sens… Alors, faut-il renoncer à croire à ce monde d’idées, si abstraites et incertaines qu’elles ne font que déclencher d’infinies contradictions ? Tout ce qui n’est pas matériel, substantiel, sensible, n’est il pas totalement vide ? Ne faut-il pas reconnaître que tout le réel est fait de matière ?
Le verbe “être” est à la fois celui que nous utilisons le plus fréquemment, pour évoquer l’existence des réalités que nous voulons décrire ; et en même temps, celui auquel nous réfléchissons le moins. Que disons-nous quand nous disons d’une chose qu’elle existe ? Peut-être décrivons-nous par là une simple perception, actuelle ou possible, du monde qui nous entoure, et de notre propre personne. Mais peut-on réduire l’existence à la connaissance que nous en avons ? Que signifie exister ? Lire la suite
La qualité du son est moindre.
La tension du désir anime notre existence : il nous met en mouvement vers l’objet qui, en lui donnant satisfaction, nous offrira le plaisir que nous espérons. Il semble donc évident qu’il faille satisfaire nos désirs. Et pourtant, n’est-ce pas nous engager sur la voie sans fin d’une irrémédiable frustration ? Nous n’avons pas un désir, mais une infinité de désirs ; à peine notre attente comblée, une autre vient la remplacer. Serons-nous jamais satisfaits ? Ne vaut-il pas mieux renoncer à la malédiction du désir, pour nous contenter de notre état ? Lire la suite






