Nous sommes tous vivants, mais cela ne va pas durer. Un jour, notre vie s’achèvera, et alors qu’adviendra-t-il ? Le vivant qu’est l’homme est d’abord un mortel, conscient de sa propre finitude, inquiet de ce qui restera de lui… Quelque chose pourrait-il bien rester de nous ? Que restera-t-il de ce que nous aurons construit, été, vécu ? Qu’est-ce qui échappe à la mort ?
Nos vies sont remplies d’énoncés, d’assertions, d’affirmations, d’hypothèses, d’axiomes ; nous avons beaucoup d’idées. Mais parmi toutes ces idées, lesquelles sont vraies ? Desquelles pourrions-nous dire qu’elles nous permettent de connaître le monde qui nous entoure ? Desquelles sommes-nous certains qu’elles sont vraiment fondées sur la réalité ? Au seuil de cette année de philosophie, il importe de se demander ce que veut dire savoir puisque c’est de savoir la vérité qu’il s’agit lorsque nous nous retrouvons. Comment peut-on savoir lesquelles de nos idées sont vraies ? Comment peut-on connaître les descriptions du monde qui sont erronées et celles auxquelles se fier ? Comment sait-on qu’on sait ?
Nous nous sommes demandé ce que nous cherchions. Encore faut-il avoir une chance de pouvoir le trouver ! Et si nous cherchons la vérité, encore faut-il se demander si nous pouvons la connaître, si nous avons une chance de la rejoindre un jour, de la reconnaître, de savoir où elle se trouve, et comment nous pourrons la comprendre. C’est la raison pour laquelle avant même de rentrer plus avant dans l’aventure de la philosophie, encore faut-il examiner ce dont nous sommes vraiment capables. Sommes-nous capables de comprendre ce monde qui nous entoure, ce monde mystérieux et déconcertant. Y a-t-il quelque chose dont nous puissions être sûrs un jour, quelque chose que nous puissions avoir la certitude de savoir ? Que puis-je savoir ? Lire la suite
« Puis il faut voir l’âme de ceux qui accomplissent de belles œuvres. Comment peut-on voir cette beauté du bien dans l’âme ? Reviens en toi- même, et regarde : si tu ne vois pas encore la beauté en toi, fais comme le sculpteur d’une statue qui doit devenir belle ; il enlève, il gratte, il polit, il essuie jusqu’à ce qu’il fasse apparaître un beau visage dans le marbre ; comme lui, enlève tout ce qui est superflu, redresse ce qui est tortueux, nettoie ce qui est sombre pour le rendre brillant, et ne cesse pas de sculpter ta propre statue, jusqu’à ce que resplendisse pour toi la divine splendeur de la vertu, jusqu’à ce que tu voies la Sagesse debout sur un trône sacré. Es-tu devenu cela ? Est-ce que tu vois cela ? Es-tu devenu simple, sans aucun obstacle à ton unification, sans que rien d’autre soit mélangé intérieurement avec toi-même ? Es-tu tout entier une vraie lumière, non pas une lumière d’une certaine dimension ou forme qui peut diminuer ou augmenter de grandeur – mais une lumière absolument sans mesure, parce qu’elle est supérieure à toute mesure et à toute quantité ? Te vois-tu devenu cela ? Alors tu es devenu une vision ; aie confiance en toi ; même en restant ici-bas, tu t’es élevé vers le haut ; et tu n’as plus besoin de guide ; fixe ton regard et vois. Car c’est le seul œil qui voit la grande beauté. Et si cet oeil arrive jusqu’à cette contemplation alors qu’il est trouble à cause des vices, impur ou faible, n’étant pas du tout capable, à cause de sa lâcheté, de voir les splendeurs, il ne verra rien, pas même si un autre lui montre ce qui est là et qui peut être vu. Celui qui voit, en effet, doit s’être rendu semblable à ce qui est vu, pour parvenir à la contemplation. Assurément, jamais l’oeil ne verrait le soleil sans être parent de la lumière, devenu de la même nature que le soleil, et l’âme ne pourrait voir le beau, sans être devenue belle. »
Toutes les belles histoires commencent par « Il était une fois… ». Mais avant tous les « Il était une fois… », il était toujours autre chose ! Comment commencer ? Comment recommencer ce que l’on avait entrepris ? Comment s’engager dans la réflexion philosophique, ou la reprendre où on l’avait laissée ? Par où commencer ? Derrière cette question étonnante, il y a un problème essentiel pour la vie, comme pour la pensée, qu’il nous faut tenter d’éclairer… pour commencer ?
Existe-t-il une vérité ? Cette question est un préalable absolu à notre exploration future parce que, si la philosophie consiste à chercher la vérité, ce serait une activité absurde si elle manque tout simplement d’objet. Existe-t- il une vérité ? C’est à cette question difficile que nous allons faire face ce soir. Difficile parce que déjà contradictoire avec bien des tendances de l’esprit du temps, difficile mais nécessaire. Et je vous propose d’entrer ensemble en cette nouvelle année : existe-t-il une vérité ? Lire la suite
Il est des moments dans l’existence, des moments d’épreuve, de souffrance, que l’on préfèrerait oublier pour pouvoir refaire sa vie – pour recommencer à zéro, pour se défaire d’un échec, pour tourner la page d’une colère, sortir du cycle de la défiance et rompre ainsi la solitude. Il y a des moments où le passé devient un passif ; ne faudrait-il pas l’oublier pour construire vraiment l’avenir ? Et en même temps, comment oublier ? Et surtout, comment construire, si l’on ne garde rien du passé qui puisse fonder nos projets, former nos choix, et simplement dire qui nous sommes ? Oublier, n’est-ce pas le projet déprimé de celui qui préfère perdre conscience, abandonner plutôt que de reconstruire ? Tous fragiles, tous confrontés aux blessures qui traversent chacune de nos vies, nous pouvons lutter pour en conserver les leçons par l’effort du souvenir, ou préférer l’anesthésie… Faut-il oublier le passé pour construire l’avenir ?