Nous aimons contempler la beauté mais nous savons quand nous la découvrons qu’elle ne durera pas pour toujours. L’éphémère est peut-être le propre de ce qui est beau et de ce qui se laisse admirer ou vivre. Mais combien de temps durera cette beauté ?
La beauté peut-elle mourir ? Ce sera la question de cette soirée …
Que sont devenues nos histoires ? Ce qui s’est passé avant l’instant présent semble avoir disparu pour toujours de l’horizon de nos vies et pourtant, est-ce vraiment la même chose que d’avoir été et de n’être rien ? Est-ce vraiment la même chose que d’avoir existé un jour et d’avoir disparu pour toujours que de n’avoir jamais été ? Cette histoire, cette mémoire, ces traces de nos existences passées : comment pourrions-nous les retrouver, comment chercher la piste, le lieu où se trouve tout ce qui s’est déposé de nos vies jusque dans cet aujourd’hui que nous partageons maintenant ? Où est passé le passé ? Lire la suite
Nous avons cherché à connaître la vérité, et pour cela, nous nous sommes tournés vers les choses qui sont, de manière à faire en sorte que notre esprit s’ajuste à la réalité. Nous avons cherché ce qui existe : ne serait-il pas utile aussi de connaître ce qui n’est pas. Il y a là comme un jeu d’esprit, comme un paradoxe, mais ce paradoxe n’est-il pas plus sérieux qu’il n’y paraît ? De fait, nos vies sont remplies de réalités consistantes, et peut-être aussi d’illusions, de fictions, d’apparences, de choses auxquelles on ne saurait conférer sérieusement une existence. Nous allons croiser ce qui manque de réalité. Qu’est-ce qui n’existe pas ?
Nous avons tenté de comprendre ensemble comment trouver la vérité mais il nous arrive de ne pas être tous d’accord sur l’endroit où nous la reconnaissons. Lorsqu’un désaccord survient entre nous, une question se présente alors : comment savoir où se trouve l’esprit le plus éclairé, la compréhension la plus fine de ce qu’il y a à connaître ? Comment savoir comment trancher nos inévitables disputes, nos longues polémiques, nos débats interminables, nos incertitudes partagées ? Comment résoudre nos conflits, nos désaccords, nos divergences ? Comment savoir où se trouve la vérité lorsque deux prétendent qu’ils ont pu la découvrir ? Comment savoir qui a raison ? Lire la suite
Souvent angoissante, la conscience de notre finitude est avant tout une chance. L’immense valeur du temps vient précisément du fait qu’il nous est compté. La philosophie nous invite ainsi à envisager le temps comme un cadeau, un véritable “présent” !
Nos montres et nos horloges opèrent une spatialisation du temps dont nous devons nous affranchir pour reprendre conscience de la continuité et de l’épaisseur du temps. Pour dépasser la vision d’un temps discontinu et entrer dans la véritable “durée”, Bergson nous invite à la contemplation.
“Marie-toi, tu le regretteras ; ne te marie pas, tu le regretteras également ; marie-toi ou ne te marie pas, tu regretteras l’un et l’autre ; que tu te maries ou que tu n’en fasses rien, tu le regretteras dans les deux cas. Ris des folies du monde, tu le regretteras ; pleure sur elles, tu le regretteras également ; ris des folies du monde ou pleure sur elles, tu regretteras l’un et l’autre ; que tu ries des folies du monde ou que tu pleures sur elles, tu le regretteras dans les deux cas. Crois une jeune fille, tu le regretteras ; ne la crois pas, tu le regretteras également ; crois une jeune fille ou ne la crois pas, tu regretteras l’un et l’autre ; que tu croies une jeune fille ou que tu n’en fasses rien, tu le regretteras dans les deux cas. Pends-toi, tu le regretteras ; ne le fais pas, tu le regretteras également ; pends-toi ou non, tu regretteras l’un et l’autre ; que tu te pendes ou que tu n’en fasses rien, tu le regretteras dans les deux cas. Tel est, Messieurs, le résumé de tout l’art de vivre. […]
Le feu prit un jour dans les coulisses d’un théâtre. Le bouffon vint en avertir le public. On crut à un mot plaisant et l’on applaudit ; il répéta, les applaudissements redoublèrent. C’est ainsi, je pense, que le monde périra dans l’allégresse générale des gens spirituels persuadés qu’il s’agit d’une plaisanterie. »
Tout ce qui est autour de nous semble devoir disparaitre. Tout apparait et tout passe, tout change sans cesse. Nous sommes confrontés dans notre recherche de la vérité à ce flux permanent de la réalité, à tout ce qui ne cesse de bouger autour de nous. Et tout ce qui bouge autour de nous semble nous dire que notre regard sur le monde est condamné à l’illusion. Faut-il croire que quelque chose tient ? Faut-il tenir à quelque chose auquel nous pourrons tenir ? Faut-il au contraire renoncer et épouser le flux des choses ? Est-ce que tout passe ?
Peut-on retrouver le temps ? C’est la grande question de nos vies. La grande question de chacune de nos vies, car nous partageons certainement le même sentiment frustrant de toujours manquer de temps. Nous avons le sentiment de manquer de temps pour les choses que nous avons à faire, sans même parler des choses que nous aimerions pouvoir faire. Et de fait, dans ce manque, il ne s’agit pas de quelque chose de superflu. Si nous manquons de temps, c’est que nos vies elles-mêmes nous manquent, car nos vies sont faites de temps. Avoir le sentiment de manquer toujours de temps et finir sa vie dans une frustration absolue, ce serait avoir le sentiment que nos vies nous ont manqué d’une certaine manière. Alors, pouvons nous espérer gagner une bataille dans ce combat qui semble perdu d’avance ? Pouvons-nous retrouver le temps et si oui, comment y parviendrons-nous ?
Comment vivre, comment rêver, comment désirer, comment choisir, dans un monde où il faut mourir ? Nous sommes là ce soir, bien vivants, animés de la force de vie qui nous traverse et nous emmène vers nos projets d’avenir… Mais tout cela n’est-il pas vain ? Malgré toutes nos prouesses, nos réussites, nos succès, malgré tous nos espoirs aussi et ce qui reste et restera inachevé dans nos vies, un jour il faudra partir : voilà la grande limite qui se dresse, et qui semble inébranlable. Révoltante, mais inébranlable. Est-il possible d’espérer la dépasser, s’en abstraire, ou tout simplement la fuir ? Faut-il entretenir l’espoir de vaincre un jour cette ultime frontière ? Peut-on s’affranchir de la mort ?