Vous vivez certainement des aventures exceptionnelles dans le quotidien de vos vies, mais il est aussi parfois nécessaire de sortir de l’ordinaire pour se réfugier, s’enfuir dans la poésie… C’est une chose bien étrange de voir la philosophie s’inquiéter de la poésie. Peut être aurons-nous ce soir l’occasion de vivre la controverse originaire qui a donné naissance à cette discipline de la pensée… Il n’en reste pas moins que nous avons besoin de cet ornement pour embellir nos vies. Peut-on vivre sans poésie ?
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Les affaires humaines sont dans un désordre absolu. Mais la nature au moins semble poursuivre son cours avec une sorte de stabilité rassurante comme si rien ne pouvait l’ébranler, comme si ses lois universelles semblaient devoir durer toujours. Pourtant, d’où viennent ces lois que nous projetons sur la nature, que nous lisons à travers elles et qui semblent nous offrir l’espace d’une prévisibilité confortable ? Y a-t-il vraiment quelque chose comme une régularité naturelle ou est-ce notre ignorance, nos illusions, notre confort moral qui cherche à voir dans la nature quelque chose qui dure toujours et qui ne changerait jamais ? Y a-t-il un ordre dans la nature ?
Y a-t-il quelque chose de nouveau depuis que nous nous sommes quittés ? Le monde a-t-il vraiment changé ? Si quelque chose a changé, c’est que quelque chose est intervenu, qui a créé ce que nous ne connaissions pas encore, ce que personne n’avait vu, ce qui n’était pas observé. Est-il vraiment possible de créer, et si créer est une expérience accessible à l’intelligence, alors en quoi consiste le pouvoir d’être créateur, le fait de pouvoir inventer ? Qu’est-ce que créer ?
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Vous n’avez donc pas fait grève, vous êtes venus travailler et j’espère que vous ne ressortirez pas d’ici trop fatigués. C’est de fait la fatigue qui va faire l’objet de notre réflexion d’aujourd’hui dans ce mois de décembre déjà trop long, dans ce froid déjà trop pesant, à cette époque singulière où le temps de travail se fait pesant et où les vacances se font encore trop lointaines… A-t-on le droit d’être fatigué ? Dans l’époque à laquelle nous vivons, cette question se pose en effet : beaucoup d’entre vous ne se sentent peut-être pas ce droit de se reconnaître fragile face au travail qu’ils ont à faire, face aux multiples soucis de la vie. A-t-on le droit d’avouer qu’on est limité, parfois fragile, incapable de tout assumer ? A-t-on le droit d’avouer sa fatigue ?
Peut-on retrouver le temps ? C’est la grande question de nos vies. La grande question de chacune de nos vies, car nous partageons certainement le même sentiment frustrant de toujours manquer de temps. Nous avons le sentiment de manquer de temps pour les choses que nous avons à faire, sans même parler des choses que nous aimerions pouvoir faire. Et de fait, dans ce manque, il ne s’agit pas de quelque chose de superflu. Si nous manquons de temps, c’est que nos vies elles-mêmes nous manquent, car nos vies sont faites de temps. Avoir le sentiment de manquer toujours de temps et finir sa vie dans une frustration absolue, ce serait avoir le sentiment que nos vies nous ont manqué d’une certaine manière. Alors, pouvons nous espérer gagner une bataille dans ce combat qui semble perdu d’avance ? Pouvons-nous retrouver le temps et si oui, comment y parviendrons-nous ?
Nous avons réfléchi ensemble à la différence majeure entre l’homme et l’animal. Mais si l’homme est un homme, c’est aussi et d’abord par les autres. Vivre en société et se laisser transformer par la vie en société, vivre sous le regard des autres, transformer leur propre regard sur soi et sur le monde qui les entoure, c’est ce qui fait aussi, une part de la condition humaine. Cette part de la condition humaine, nous la désignons sous le mot, trop rarement usité et pourtant si décisif d’imitation. Nous ne cessons de nous imiter, de nous imiter entre nous et d’imiter des modèles qui font notre société, parfois même à travers l’histoire, mais si nous imitons nous-mêmes, entre nous, alors qu’est ce qu’être soi-même ? Être soi-même, n’est-ce pas refuser d’être une copie ? N’est-ce pas choisir d’être un original ? Être soi-même, est-ce n’imiter personne ?
L’art, nous le savons, ce n’est pas seulement des oeuvres : c’est aussi ce que nous en disons. Notre expérience de l’oeuvre d’art passe par les émotions que nous exprimons, les jugements que nous échangeons, les enthousiasmes et les déceptions, qui peuvent parfois se confronter quand un désaccord survient. Qu’est-ce qui fait qu’une oeuvre est réussie ? Y a-t-il des critères objectifs qui pourraient permettre de considérer qu’un artiste est meilleur qu’un autre, qu’une création atteint ou manque les buts qu’elle se devrait de suivre ? Et qu’est-ce qu’une oeuvre manquée ? Une oeuvre ratée serait-elle encore une oeuvre ? Y a-t-il des oeuvres qui n’en sont pas ? Bref, faut-il respecter des normes pour produire une oeuvre d’art, ou devons-nous proclamer fièrement que tout ce qu’on veut art est oeuvre ? Y a-t-il des règles de l’art ?
Depuis que nous sommes tout petits, en même temps qu’à lire et écrire, nous avons appris à compter. Et il nous apparaissait souvent comme une prouesse étonnante de pouvoir compter jusqu’à des nombres de plus en plus grands, de plus en plus compliqués, de plus en plus lointains, jusqu’à l’infini peut-être ? Une vie n’y suffirait pas…
Mais si la difficulté se trouvait aussi, plus discrète et plus cachée de l’autre côté du spectre ? Quelle étonnante énigme se cache derrière le plus proche, le plus simple et le plus nécessaire des chiffres, derrière le 1 ? Le premier de la série est la condition absolue de toutes les opérations. Mais si l’on y réfléchit bien, que signifie exactement être un ? Quelles sont les conditions de l’unité et ses frontières ? Comment compter ce chiffre que l’on ne peut décomposer ? Peut-on encore compter sur lui ? Sait-on encore compter avec lui d’ailleurs ? Quelle place avons-nous ménagé à l’existence du singulier ? Dans cet univers obsédé par les grandes masses et les grandes puissances, par les gros chiffres et les grands comptes ? Peut-on encore compter jusqu’à un ?
Soirée spéciale avec l’intervention du duo de comédiens Guigue & Plo
Vivants, nous sommes jetés dans un monde complexe, incertain – dans un monde souvent injuste aussi, et même révoltant. Regardons autour de nous, dans les médias comme dans nos vies, dans le proche et dans le lointain : il est très clair que rien ne va – et tout va de pire en pire. Mais qu’y pouvons-nous vraiment ? Aucun d’entre nous n’a choisi le moment de l’histoire qu’il vit… Est-ce un rendez-vous lancé à notre liberté, à notre capacité d’agir et d’inventer l’avenir ? Mais que pouvons-nous faire vraiment ? Nos forces sont bien limitées devant l’ampleur des défis qui se présentent à nous… C’est un monde qui nous fait face. Pouvons-nous agir sur ce monde ?









