Viendrons-nous à bout du désir ? Nous avons eu de la peine à nous en défaire et peut-être était-ce là un signe. Se libérer du désir n’a rien d’une tâche facile et d’une mission évidente. Pourtant, nous le savons bien notre liberté est peut-être à ce prix car nos désirs semblent guider nos vies sans que nous ayons complètement le contrôle sur chacun d’entre eux. Peut-on se libérer du désir ?
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Le monde est rempli de merveilles ignorées et quand nous ouvrons le regard nous avons parfois du mal à en croire nos yeux. Dans ce monde où nous cherchons – c’est le sens de notre engagement – la vérité, nous allons nous demander ce soir s’il faut commencer par croire ce que nous voyons.
Nous avons tenté de comprendre ensemble comment trouver la vérité mais il nous arrive de ne pas être tous d’accord sur l’endroit où nous la reconnaissons. Lorsqu’un désaccord survient entre nous, une question se présente alors : comment savoir où se trouve l’esprit le plus éclairé, la compréhension la plus fine de ce qu’il y a à connaître ? Comment savoir comment trancher nos inévitables disputes, nos longues polémiques, nos débats interminables, nos incertitudes partagées ? Comment résoudre nos conflits, nos désaccords, nos divergences ? Comment savoir où se trouve la vérité lorsque deux prétendent qu’ils ont pu la découvrir ? Comment savoir qui a raison ?
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Le confinement nous a privés du voyage ; maintenant nous pouvons retrouver la marche, l’itinéraire, l’itinérance, l’errance, la liberté d’aller et venir – qui ne dit pas s’il faut nécessairement aller quelque part… Aller et venir, comme un jeu de balancier.
Ce n’est pas comme si nous n’avions pas beaucoup de raisons de nous lamenter. Mais à quoi sert de se lamenter ? De fait, il semble bien que sangloter ne serve à rien et que le fait même de pleurer ne change absolument rien à ce qui nous fait pleurer. Et pourtant nous pleurons. Avouons-le, nous pleurons tous. Cela nous est tous arrivé, à certains peut-être plus qu’à d’autres mais il nous est tous arrivé un jour d’être saisis par les larmes et d’éprouver cette expérience si singulière, si étrange qui consiste à pleurer en sachant très bien que cela ne sert à rien. Faut-il sécher ses larmes ? Faut-il se raviver ou au contraire se raviser et tenter de comprendre ce que veut dire cette expérience étonnante ? Pourquoi pleurer ? Lire la suite
Qu’est ce qui à part le bonheur de nous retrouver tous les lundis soirs peut bien susciter en nous la joie ? Voilà la question que nous allons partager ensemble pour conclure ensemble ce cycle. Cette question de la joie si singulière, si mystérieuse qui surgit sans avoir été prévue, qui vient sans avoir été attendue et qui lorsqu’elle est espérée, parfois, nous fait défaut. Cette question de la joie qui est si singulière qu’elle se distingue du bonheur, le bonheur grand concept philosophique s’il en est. Mais la joie appartient-elle vraiment à la philosophie, elle qu’on ne sait pas expliquer ? C’est à ce mystère que nous allons tenter de nous confronter ensemble ce soir : d’où vient la joie ?
Est-ce une révolte ? Cela semble bien être une révolution. Les gilets jaunes ont mis Paris en ébullition et la France entière s’inquiète : que va-t-il se passer maintenant ? Vous êtes venus ce soir si nombreux, avec ou sans gilet jaune, pour réfléchir à une question : pouvons-nous vraiment espérer qu’un jour la loi soit juste ? Pouvons-nous espérer un état qui administre la justice ? Faut-il croire à cet idéal ou faut-il renoncer à une utopie ? Faut-il espérer construire ensemble un monde où la loi donne à chacun vraiment ce qui lui revient ? Cette question fondamentale se trouve être d’actualité. Mais elle est d’une actualité de toujours, car elle rejoint le problème essentiel de la politique : faut-il attendre du droit qu’il soit juste ?
Toutes les bonnes choses ont une fin. Mieux vaut ne pas attendre qu’elles soient terminées avant d’en profiter vraiment. Alors, qu’est-ce que nous attendons pour être heureux ? Qu’attendons-nous exactement pour nous décider enfin à goûter pleinement cette vie ? Qu’attendons-nous pour saisir la chance immense, le trésor exceptionnel que constitue cette existence ? Et pourtant, nous le savons bien, nous attendons tous quelque chose : la fin d’une épreuve, la résolution d’un problème, l’obtention de quelque bien qui occupe notre esprit. Faut-il attendre encore ou faut-il se résigner à prendre les choses comme elles sont ? Qu’attendons-nous exactement pour réaliser complètement ce qui fait notre existence ? Qu’avons-nous raison d’attendre ? Qu’aurions-nous raison d’ignorer ? Qu’attendons-nous pour être heureux ?
Comment vivre, comment rêver, comment désirer, comment choisir, dans un monde où il faut mourir ? Nous sommes là ce soir, bien vivants, animés de la force de vie qui nous traverse et nous emmène vers nos projets d’avenir… Mais tout cela n’est-il pas vain ? Malgré toutes nos prouesses, nos réussites, nos succès, malgré tous nos espoirs aussi et ce qui reste et restera inachevé dans nos vies, un jour il faudra partir : voilà la grande limite qui se dresse, et qui semble inébranlable. Révoltante, mais inébranlable. Est-il possible d’espérer la dépasser, s’en abstraire, ou tout simplement la fuir ? Faut-il entretenir l’espoir de vaincre un jour cette ultime frontière ? Peut-on s’affranchir de la mort ?
La vérité n’est pas qu’une affaire de raison, c’est aussi une affaire de cœur. Et de fait, avec tout ce qu’il y a en nous d’affect, nous tenons souvent à nos convictions, à nos croyances, comme à ce qui nous définit, à ce qui nous engage dans le monde. Mais n’est-ce pas un réflexe puéril ? La croyance semble incertaine, jamais totalement rationnelle, toujours impossible à prouver. Rechercher la vérité, c’est aspirer au savoir : et le savoir finit toujours par dépasser la croyance. Dans le monde de la connaissance, dans les progrès de la science, ne devons-nous pas nous faire une raison ? Pour devenir enfin des adultes, est-il temps de n’accepter enfin que des vérités démontrées ?









