J’espère que vous avez bien pris place et que vous êtes bien installés…
Dans un monde sens dessus dessous où tout semble avoir perdu son ordre, son sens et sa trace… Comment peut-on trouver sa place ?
Ce lieu où il faut se trouver pour pouvoir se retrouver et se comprendre, se redécouvrir… Peut-être l’occasion de faire un pas de côté, de se déplacer un peu de nos centres d’intérêts quotidiens et plus immédiats, mais moins essentiels… Faut-il trouver place ?
C’est le début d’une nouvelle année… Elle sera pleine d’aventures, de surprises, d’inconnu, mais elle sera aussi pleine de moments de monotonie, de répétitions, de lassitude, d’ennui. Faut-il se révolter lorsque l’ennui vient nous toucher ? Est-ce là un accident de l’existence ou est-ce la condition de l’existence ? Est-ce une sorte de réveil obligé qui nous dit qu’il faut sortir d’une torpeur dans laquelle la vie nous conduit à nous enliser, ou faut-il reconnaitre que la condition humaine est marquée par la banalité, la trivialité, la répétition, par tout ce qui ennuie et ne peut qu’ennuyer ? Faut-il se résigner ? Faut-il accepter de s’ennuyer ?
Devons-nous croire à nos rêves ou nous accommoder du réel ? Parce que nous sommes philosophes, nous sommes souvent idéalistes et nous espérons voir le monde meilleur qu’il ne l’est en vérité. Faut-il espérer qu’il s’améliore ou faut-il y renoncer une bonne fois pour toutes ? Faut-il espérer le changer ou faut-il le prendre comme nous le voyons ? Ce monde traversé de tant de violence est-il améliorable ou faut-il construire nos vies pour nous protéger de cette violence définitive ? Bref, entre l’espoir et la résignation, peut-on rêver d’un monde sans violence ? Lire la suite
« C’est icy un livre de bonne foy, lecteur. Il t’advertit dés l’entree, que je ne m’y suis proposé aucune fin, que domestique et privee : je n’y ay eu nulle consideration de ton service, ny de ma gloire : mes forces ne sont pas capables d’un tel dessein. Je l’ay voüé à la commodité particuliere de mes parens et amis : à ce que m’ayans perdu (ce qu’ils ont à faire bien tost) ils y puissent retrouver aucuns traicts de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent plus entiere et plus vifve, la connoissance qu’ils ont eu de moy. Si c’eust esté pour rechercher la faveur du monde, je me fusse paré de beautez empruntees. Je veux qu’on m’y voye en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans estude et artifice : car c’est moy que je peins. Mes defauts s’y liront au vif, mes imperfections et ma forme naïfve, autant que la reverence publique me l’a permis. Que si j’eusse esté parmy ces nations qu’on dit vivre encore souz la douce liberté des premieres loix de nature, je t’asseure que je m’y fusse tres-volontiers peint tout entier, Et tout nud. Ainsi, Lecteur, je suis moy-mesme la matiere de mon livre : ce n’est pas raison que tu employes ton loisir en un subject si frivole et si vain. A Dieu donq. »
Faut-il tout changer ? Comment la question peut-elle même se poser ? Qui ne voudrait pas tout changer ? Qui parmi vous est prêt à prendre les choses comme elles sont ? A laisser la réalité telle qu’elle est ? Qui assumerait le fait de ne vouloir rien bouger ; qui plus est dans un monde marqué par la passion, dans un monde d’innovation : ne faut-il pas accepter de tout changer ? Et commencer par nous changer nous-mêmes pour aller de plus en plus vite, au rythme des changements qui semblent s’imposer à nous. Et pourtant, tout changer, c’est à dire faire la révolution : qui d’entre nous y est vraiment prêt ? Tout changer, c’est savoir ce que l’on perd, mais ce n’est pas savoir ce que l’on trouve. Tout changer, c’est prendre un risque et c’est sauter dans le vide. Qui d’entre nous ici y a vraiment intérêt ? Alors au fond, nous passons notre temps à nous plaindre que les choses ne sont comme elles devraient être. Mais qui d’entre nous est vraiment prêt à tout changer ?
Au tout début de son titre La terre est ronde, le rappeur Orelsan dit la chose suivante :
“T’as besoin d’une voiture pour aller travailler.
Tu travailles pour rembourser la voiture que tu viens d’acheter.
Tu vois le genre de cercle vicieux,
Le genre de trucs qui donnent envie de tout faire sauf de mourir vieux.”
La question du travail nous renvoie à sa possible absurdité. S’il est une nécessité inquestionnée, inquestionnable, indiscutée, indiscutable, c’est bien celle du travail. Qu’il faut travailler, voilà ce qui semble faire partie d’une forme de fatalité. Il faut même aimer son travail, à défaut de pouvoir choisir : le travail ou l’oisiveté. Mais d’où vient cette nécessité ? Qu’est-ce qui en fait le socle véritable ? Existe-t-elle réellement ? Ce soir, nous allons nous poser la question que vous n’oserez jamais poser à votre parton : est-il vraiment nécessaire de travailler ? Pourquoi travaillons nous ?
Nos vies ressemblent bien souvent, comme l’écrivait Hobbes, à une course sans fin – une course contre le temps, contre la montre, et même contre la vie… De cette course, nous avons le sentiment de ne pas pouvoir maîtriser le rythme, ce temps qui nous échappe sans cesse. Comment comprendre le temps, ce mystère si proche et si lointain, cet inconnu qui fait le dynamisme et la fragilité de notre quotidien ? Peut-on remettre la main sur ce flux qui rend tout présent insaisissable ? Peut-on maîtriser le temps ?