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Ce podcast présente un son légèrement dégradé en raison d’un problème survenu lors de l’enregistrement au Théâtre. Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée.
Vous êtes là, au milieu d’un monde rempli de faits, de signes, de symboles… Au milieu d’un monde rempli d’images. Ce sont ces images qui vont concentrer notre attention, et notre admiration.
Car les images ont cette puissance d’évoquer autre chose que ce qu’elles sont.. Où sont-elles en réalité ? Où se trouvent-elles ces images qui ouvrent notre regard à une autre dimension ? Comment peuvent-elles naître ? Comment peuvent-elles se présenter à nous avec leur richesse de sens ? Où vivent les images ?
Vous vivez certainement des aventures exceptionnelles dans le quotidien de vos vies, mais il est aussi parfois nécessaire de sortir de l’ordinaire pour se réfugier, s’enfuir dans la poésie… C’est une chose bien étrange de voir la philosophie s’inquiéter de la poésie. Peut être aurons-nous ce soir l’occasion de vivre la controverse originaire qui a donné naissance à cette discipline de la pensée… Il n’en reste pas moins que nous avons besoin de cet ornement pour embellir nos vies. Peut-on vivre sans poésie ?
La question de la mémoire est centrale dans nos vies pour pouvoir nous définir et nous projeter dans l’avenir.
Faut-il ne jamais s’habituer ? Nous avons tous nos habitudes bien sûr : métro, boulot, dodo … Notre vie est faite d’habitudes, de bonnes et de mauvaises habitudes, nous en reparlerons. Fondamentalement, ne pouvons-nous pas nous poser cette question : toute habitude n’est-elle pas mauvaise ? Parce que l’habitude nous engourdit, nous endort, nous habitue à trouver que le monde est banal, monotone et trop régulier peut-être. Parce que l’habitude étouffe ce qu’il y en nous de liberté, de nouveauté, de capacité d’attention pour la singularité des choses. Toute habitude est-elle mauvaise ? Faut-il se laisser encore toucher par la capacité d’émerveillement ou bien d’indignation parfois ? Être capable de s’indigner, de se révolter, de ne pas être blasé de ce monde, de ne pas se résigner à l’injustice ? Faut-il ne jamais s’habituer ni au pire ni au meilleur ?
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Est-ce que quelque chose se passe dans ce monde où tout semble passer sans que rien n’avance vraiment ? De fait, nous sommes des êtres de temps et nous sommes marqués par ce temps qui passe mais qui passe bien souvent en donnant l’impression désespérante et déprimante de faire du surplace. Tout se passe comme si, malgré nos bonnes résolutions et notre désir d’être en marche, nous revenions toujours à cet ancien monde que nous espérions quitter. Un progrès est-il possible ? Peut-on vraiment espérer que les choses s’améliorent un jour et peut-être même qu’elles aillent vers une sorte de fin de l’histoire, vers un but de notre vie collective, de notre vie politique, vers cette utopie à laquelle nous aspirons, vers cette paix universelle et définitive, vers le bonheur enfin partagé, vers la justice enfin réalisée ? Faut-il encore croire au progrès ou faut-il se résigner ? Y a-t-il un progrès dans l’histoire ?
Tout ce qui est autour de nous semble devoir disparaitre. Tout apparait et tout passe, tout change sans cesse. Nous sommes confrontés dans notre recherche de la vérité à ce flux permanent de la réalité, à tout ce qui ne cesse de bouger autour de nous. Et tout ce qui bouge autour de nous semble nous dire que notre regard sur le monde est condamné à l’illusion. Faut-il croire que quelque chose tient ? Faut-il tenir à quelque chose auquel nous pourrons tenir ? Faut-il au contraire renoncer et épouser le flux des choses ? Est-ce que tout passe ?
Peut-on retrouver le temps ? C’est la grande question de nos vies. La grande question de chacune de nos vies, car nous partageons certainement le même sentiment frustrant de toujours manquer de temps. Nous avons le sentiment de manquer de temps pour les choses que nous avons à faire, sans même parler des choses que nous aimerions pouvoir faire. Et de fait, dans ce manque, il ne s’agit pas de quelque chose de superflu. Si nous manquons de temps, c’est que nos vies elles-mêmes nous manquent, car nos vies sont faites de temps. Avoir le sentiment de manquer toujours de temps et finir sa vie dans une frustration absolue, ce serait avoir le sentiment que nos vies nous ont manqué d’une certaine manière. Alors, pouvons nous espérer gagner une bataille dans ce combat qui semble perdu d’avance ? Pouvons-nous retrouver le temps et si oui, comment y parviendrons-nous ?
Il est des moments dans l’existence, des moments d’épreuve, de souffrance, que l’on préfèrerait oublier pour pouvoir refaire sa vie – pour recommencer à zéro, pour se défaire d’un échec, pour tourner la page d’une colère, sortir du cycle de la défiance et rompre ainsi la solitude. Il y a des moments où le passé devient un passif ; ne faudrait-il pas l’oublier pour construire vraiment l’avenir ? Et en même temps, comment oublier ? Et surtout, comment construire, si l’on ne garde rien du passé qui puisse fonder nos projets, former nos choix, et simplement dire qui nous sommes ? Oublier, n’est-ce pas le projet déprimé de celui qui préfère perdre conscience, abandonner plutôt que de reconstruire ? Tous fragiles, tous confrontés aux blessures qui traversent chacune de nos vies, nous pouvons lutter pour en conserver les leçons par l’effort du souvenir, ou préférer l’anesthésie… Faut-il oublier le passé pour construire l’avenir ?
Vivants, nous sommes jetés dans un monde complexe, incertain – dans un monde souvent injuste aussi, et même révoltant. Regardons autour de nous, dans les médias comme dans nos vies, dans le proche et dans le lointain : il est très clair que rien ne va – et tout va de pire en pire. Mais qu’y pouvons-nous vraiment ? Aucun d’entre nous n’a choisi le moment de l’histoire qu’il vit… Est-ce un rendez-vous lancé à notre liberté, à notre capacité d’agir et d’inventer l’avenir ? Mais que pouvons-nous faire vraiment ? Nos forces sont bien limitées devant l’ampleur des défis qui se présentent à nous… C’est un monde qui nous fait face. Pouvons-nous agir sur ce monde ?









