Il nous arrive d’hésiter, pas forcément sur les buts, mais sur les moyens à employer pour pouvoir y parvenir. Il n’est pas toujours certain que ces moyens soient en eux-mêmes absolument légitimes… Et entre le scrupule et le cynisme existe toujours une part d’incertitude sur la question de savoir ce qu’il est permis, ou non, d’employer comme outil pour atteindre un objectif.
Nous avons tous des objectifs. À quoi seriez-vous prêts pour y parvenir ? À quoi êtes-vous prêts pour atteindre les finalités que vous vous êtes fixées dans l’existence ?
Il s’agit de la question des conséquences et de leur proportion avec les outils que nous emploierons pour pouvoir les obtenir. La fin justifie-t-elle les moyens ?
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Nous sommes ici entre êtres humains. Et pourtant, il y a en chacun de nous quelque chose, parfois, d’un peu bête… Nous avons évidemment notre caractère animal, nous appartenons à l’univers du vivant, et à cet univers vivant, nous sommes liés par la question de notre responsabilité. Qu’en est-il de nos devoirs à l’égard du monde qui nous entoure et singulièrement à l’égard de ceux qui sont nos “frères en animalité” ? Cette question est aujourd’hui posée dans l’actualité par bien des aspects différents. Cette expression de “frères en animalité” nous vient de la philosophie la plus contemporaine et elle recouvre une interrogation vertigineuse sur la place même de l’homme dans le monde, sur son rôle, ses droits et ses devoirs. Les animaux ont-ils des droits ?
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La liberté est engageante, elle suppose un prix à payer. Bien loin d’être un chemin linéaire, notre liberté émerge de conditions souvent exigeantes. La marche vers la liberté est faite d’humilité, d’angoisse, de risques. Comment mener à bien cette aventure ?
Notre monde traverse une crise que vous connaissez tous ici et tous nous sommes inquiets. Avons-nous perturbé la nature au point que notre simple survie en deviendrait impossible ? Lire la suite
Le Principe responsabilité
« Le danger qui nous menace actuellement vient-il encore du dehors ? Provient-il de l’élément sauvage que nous devons maîtriser grâce aux formations artificielles de la culture ? C’est encore parfois le cas, mais un flot nouveau et plus dangereux se déchaîne maintenant de l’intérieur même et se précipite, détruisant tout sur son passage, y compris la force débordante de nos actions qui relèvent de la culture. C’est désormais à partir de nous que s’ouvrent les trouées et les brèches à travers lesquelles notre poison se répand sur le globe terrestre, transformant la nature tout entière en un enfer pour l’homme. Ainsi les fronts se sont-ils inversés. Nous devons davantage protéger l’océan contre nos actions que nous protéger de l’océan. Nous sommes devenus un plus grand danger pour la nature que celle-ci ne l’était autrefois pour nous. Nous sommes devenus extrêmement dangereux pour nous-mêmes et ce, grâce aux réalisations les plus dignes d’admiration que nous avons accomplies pour assurer la domination de l’homme sur les choses. C’est nous qui constituons le danger dont nous sommes actuellement cernés et contre lequel nous devons désormais lutter. »
Qui sommes-nous en réalité ? Qui êtes-vous ? Êtes-vous vraiment les mêmes que ceux que nous avons rencontrés il y a quinze jours de cela dans cette même salle, dans ce même lieu ? Ou bien n’avez-vous pas changé ? Qu’est ce qui fait notre identité ? Qu’est ce qui nous permet de définir ce que nous sommes individuellement et collectivement ? Bien sûr il semble que la mémoire soit nécessaire à notre identité personnelle, bien sûr il semble que pour nous définir nous ayons besoin de nous souvenir. Et pourtant la mémoire ne nous empêche-t-elle pas d’évoluer, de changer, de nous renouveler ? Ne nous empêche-t-elle pas de devenir petit à petit autre que celui nous étions ? Ne nous prive-t-elle pas de notre liberté ? Faut-il avoir des souvenirs pour savoir qui nous sommes et qui nous devons rester ? Faut-il au contraire se défaire de la mémoire pour s’ouvrir à de nouvelles potentialités ? La mémoire nous dit-elle qui nous sommes ?
Faut-il tout changer ? Comment la question peut-elle même se poser ? Qui ne voudrait pas tout changer ? Qui parmi vous est prêt à prendre les choses comme elles sont ? A laisser la réalité telle qu’elle est ? Qui assumerait le fait de ne vouloir rien bouger ; qui plus est dans un monde marqué par la passion, dans un monde d’innovation : ne faut-il pas accepter de tout changer ? Et commencer par nous changer nous-mêmes pour aller de plus en plus vite, au rythme des changements qui semblent s’imposer à nous. Et pourtant, tout changer, c’est à dire faire la révolution : qui d’entre nous y est vraiment prêt ? Tout changer, c’est savoir ce que l’on perd, mais ce n’est pas savoir ce que l’on trouve. Tout changer, c’est prendre un risque et c’est sauter dans le vide. Qui d’entre nous ici y a vraiment intérêt ? Alors au fond, nous passons notre temps à nous plaindre que les choses ne sont comme elles devraient être. Mais qui d’entre nous est vraiment prêt à tout changer ?
La grande scène du monde politique semble être le lieu continuel du spectacle de tous les vices : fraude, mensonge, cupidité, vol, escroquerie, rivalité, luxure, égoïsme, mégalomanie, trahisons, il n’est que peu de défauts qui ne trouvent à s’illustrer dans la rubrique politique de nos actualités. Et quoi de plus ancien que cette actualité-là… Depuis que la politique est connue, le pouvoir semble toucher à ce qu’il y a parfois de plus noir dans l’homme, de plus bas, de plus médiocre. La politique devrait-elle être morale ? Mais qui a trouvé cette étrange question ? La politique peut-elle être autre chose qu’immorale ? Si l’on se contente d’observer, il ne faut même plus s’indigner – seulement se résigner à ce que le gouvernant ait sa propre logique, indépendante des exigences pures et idéales de l’éthique. Et pourtant, quel sens a la politique si elle ne sert pas un bien ? Et pourquoi faudrait-il s’obliger à obéir à des lois si elles n’ont aucun sens qui puisse rejoindre la quête de notre conscience ? Refusons de nous laisser faire, refusons d’être cyniques et de renoncer au sens même de la politique… Il faut affronter la question, au-delà de toutes les évidences apparentes : la politique peut-elle être morale ?
Vivants, nous sommes jetés dans un monde complexe, incertain – dans un monde souvent injuste aussi, et même révoltant. Regardons autour de nous, dans les médias comme dans nos vies, dans le proche et dans le lointain : il est très clair que rien ne va – et tout va de pire en pire. Mais qu’y pouvons-nous vraiment ? Aucun d’entre nous n’a choisi le moment de l’histoire qu’il vit… Est-ce un rendez-vous lancé à notre liberté, à notre capacité d’agir et d’inventer l’avenir ? Mais que pouvons-nous faire vraiment ? Nos forces sont bien limitées devant l’ampleur des défis qui se présentent à nous… C’est un monde qui nous fait face. Pouvons-nous agir sur ce monde ?
L’homme est un être de langage, et c’est là sa grande fierté – un zoon legomenon : un animal parlant. Seul le langage humain fait sortir l’univers du silence de la matière, pour donner à tout être un nom, et le penser. Seul le langage nous fait aussi sortir de nous-mêmes, pour exprimer au-dehors, et partager avec d’autres, ce que chacun de nous ressent, éprouve, et comprend. Mais dans ce langage même qui fait sa force singulière, l’homme éprouve aussi sa faiblesse. Ne butons-nous pas sur les mots, comme sur un outil bien pauvre, trop imparfait, trop limité pour exprimer notre pensée ? Ne nous arrive-t-il pas souvent, malgré toutes les langues du monde, de rester incompris, et seul ? A la vérité, tout l’orgueil de notre parole n’est peut-être qu’un échec bavard. Les mots pourraient-ils suffire à dire ce que nous vivons ? Le langage nous exprime-t-il vraiment ?









